Du désengagement partisan au militantisme en ligne : militer à « bonne » distance du parti ?
Prolonger les socialisations militantes sur Facebook. Analyse de trajectoires d’ex-adhérents du Parti Socialiste

Anaïs Theviot

Introduction

1Le développement des outils numériques s’accompagne de nombreux promesses et fantasmes en termes de renouvellement des pratiques militantes (Flichy, 2001 ; Granjon, 2001 ; Margetts, 2006 ; Coutant, 2012) et de diminution de la distance symbolique entre gouvernants et gouvernés ou entre adhérents lambda et cadres partisans, voire de la distance spatiale entre militants. Certains considèrent que les réseaux sociaux renforcent les liens établis hors ligne entre les partisans, tout en offrant la possibilité de créer de nouvelles sociabilités avec des militants, éloignés géographiquement. Facebook, par exemple, permettrait aux individus de se retrouver dans un collectif (communautés en ligne, parfois plus imaginées que réelles), d’orchestrer des actions de terrain, de se construire un réseau national (voir international) de sympathisants, de garder contact avec les « camarades », sans pour autant adhérer à un parti politique. O. Blondeau et L. Allard soulignaient déjà en 2007 le développement d’un « Internet militant » – ce dernier ayant pour spécificité de fédérer des individus engagés et pourtant non rattachés à une institution et qui mèneraient leurs actions de façon autonome.

2L’usage d’Internet et des technologies de l’information et de la communication par les partis politiques (TIC) (Löfgren et Smith, 2003 ; Gibson et Cantijoch, 2013 ; Stromer-Galley, 2014) en modifiant les distances perçues entre les individus, ont également modifié les manières de militer et les représentations de ce qu’est un « bon » adhérent ou une « bonne » campagne électorale. Pour certains, une « bonne » campagne se fait sur le terrain, « en serrant des mains » (Offerlé, 1993, p. 83), et en tractant avec ses camarades. Le numérique est alors accusé de déconnecter le militant des réseaux hors ligne, de rompre avec l’approche communautaire, collective, fédératrice du militantisme de terrain, au cœur de la socialisation militante.

3Pour d’autres, le travail « besogneux » (Ostrogorski, 1997 [1903]) de distribution de tracts ou de boîtages semble remis en question, valorisant dans le même temps, un militantisme en ligne, considéré comme plus efficace :

Un seul article de blog peut toucher plus de monde qu'un mois de distribution de tracts1.

4Internet est présenté, par certains, comme un moyen de militer sans avoir à y consacrer une journée entière et de se confronter à la virulence du terrain. Ces fantasmes d’un militantisme « distancié », « à la carte » font écho aux travaux de J. Ion (1997) qui pose l’hypothèse d’une tendance historique allant du « militantisme affilié » au « militantisme distancié », incarné par une montée de l’individualisme et le désir des adhérents de ne plus sacrifier leur vie privée pour leur vie militante. Cette vision d’un adhérent plus « distancié », empreinte de nostalgie notamment pour le Parti Socialiste (PS), se retrouve dans les discours des adhérents2.

5L’engagement serait distancié au sens d’une mise à distance de l’institution partisane, mais n’est pas forcément de faible intensité en dehors du cadre partisan. Militer en ligne peut être considéré comme une forme de reconversion, une réponse à un « moment critique » (Strauss, 1992) ou à l’inverse, une opportunité afin de faire carrière en politique. En somme, il s’agit de militer à bonne distance du parti que ce soit pour s’y fondre ou s’en éloigner.

6Plusieurs travaux ont souligné que l’institution partisane cherche à renforcer le coût de la défection (Fillieule, 2005 ; De Castro Rocha, 2009) ; coût (variable) qui peut amener l’adhérent à toujours reporter sa possible défection :

Je n'ai rien à ajouter sur mon engagement. Ah, si ! ça m'est arrivé, à plusieurs reprises, de me demander si je ne devrais pas quitter le PS, sans jamais sauter le pas3.

7Pour prévenir d’éventuels désengagements, les organisations y opposent des freins divers, notamment la menace de la suppression de toutes les formes de rétributions (Gaxie, 2005) auxquelles l’individu engagé avait droit, notamment le sentiment d’appartenir à un collectif. La montée en puissance des réseaux sociaux permet-elle de diminuer les freins apposés à la défection ? La possibilité offerte de maintenir des liens sociaux sur Facebook, tout en conservant une certaine distance vis-à-vis de l’institution partisane, vient-elle modifier les pratiques militantes ?

8La thèse soutenue dans cet article est que les cyber-militants pourraient plus facilement abandonner leur carte, mettre à distance le parti, sans craindre de perdre leur relation sociale partisane. Facebook par exemple offre aux individus la possibilité de prendre part à une activité militante, de se retrouver dans un collectif (communautés en ligne, parfois plus imaginées que réelles), de garder contact avec leurs « camarades », sans pour autant adhérer à un parti politique et abaisse ainsi les coûts de la défection. Le web est donc à la fois utilisé par les militants intensifs qui cherchent à renforcer leur activisme, mais aussi par les militants « déçus » ou au bord de l’exit qui souhaitent continuer à s’engager sans se sentir contraints par l’institution partisane. Ainsi, l’activisme en ligne se retrouve non seulement chez des militants hyper-investis, mais aussi chez des adhérents en phase d’abandon du collectif. Les usages des réseaux sociaux permettraient même de diminuer le coût symbolique de la défection, via le maintien des liens sociaux partisans. Il serait aussi un moyen de faire passer les critiques envers le parti à ses membres : plus qu’un défouloir, les réseaux sociaux seraient alors un outil de critique. Dominique Cardon et Fabien Granjon (2010) avaient déjà souligné la puissance critique du numérique notamment dans la production de l’information, nous montrons ici sa portée critique dans la redéfinition du militantisme et des formes partisanes classiques. Militer en ligne sans être encarté au parti relève ainsi d’une forme de revendication et de contestation du militantisme traditionnel, ancré dans des institutions partisanes.

9Interroger le désengagement à partir du socialisme français apparaît d’autant plus intéressant que l’on est face à un parti, dont le « modèle génétique »4 (Panebianco, 1988) renvoie à un « parti de militants5 » (Barboni, 2009). Les freins apposés à la défection apparaissent a priori plus forts dans ce parti qui se réfère au modèle mythifié du militant attaché « corps et âme » (Ion et al., 2005). L’étude se centre sur le réseau social Facebook car celui-ci est présenté par les ex-adhérents, nous le verrons, comme l’espace privilégié de maintien d’une socialisation militante suite au désengagement6.

10Ce travail de recherche s’appuie sur le terrain empirique effectué pendant la thèse (Theviot, 2014), reposant sur l’analyse d’une quarantaine d’entretiens semi-directifs et des récits de vie avec des ex-adhérents du PS ; l’étude de 600 réponses obtenues via un questionnaire adressé aux adhérents du PS des Fédérations de Gironde, Paris et Alpes-Maritimes, portant sur leur militantisme en ligne et hors ligne et la netnographie (Kozinets, 2002 ; Theviot, 2013) de trente comptes Facebook d’ex-adhérents du PS. Pour ce chapitre, nous avons choisi de centrer l’analyse sur le récit de vie7 d’un ex-adhérent du PS afin de retranscrire de façon processuelle et sur le long terme, les motifs de dés/engagement mis en avant et son rapport au numérique. Ce profil idéal-typique a notamment été dégagé à l’appui de l’enquête quantitative mentionnée précédemment : il correspond à celui repéré du « cyber-militant » (Theviot, 2013) – un homme (73 % de ceux qui militent en ligne sont des hommes), diplômé de l’enseignement supérieur, exerçant une profession supérieure dans le secteur public. Ses pratiques militantes en ligne sont aussi pensées comme idéal-typiques de celles narrées lors des différents entretiens semi-directifs effectués avec les ex-adhérents du PS. Ce chapitre se nourrit aussi de la netnographie du compte Facebook de cet enquêté et met en écho, au fil de la démonstration, sa trajectoire avec celles d’autres ex-adhérents du PS.

11Nous verrons que l’adhérent questionne son rattachement à l’institution partisane à force de déceptions et d’effritements de ses croyances. Mais la crainte de rompre avec certaines rétributions du militantisme, notamment la camaraderie militante, n’amenait pas forcément les adhérents à l’exit. L’essor de Facebook et la possibilité du maintien des liens partisans offerts par ce réseau, semble diminuer les coûts de la défection. Les ex-adhérents s’autorisent alors à la déprise, en négociant leur « bonne » distance au parti : la plupart conservent ainsi des amitiés partisanes virtuelles (ou non) et des réflexes militants (débattre en ligne). Toutefois, ces déçus de l’institution partisane, revigorés par l’activisme en ligne, subissent parfois une seconde déception, confrontés à l’encadrement de la parole en ligne exercé par le parti.

L’engagement à l’épreuve de l’effritement progressif des croyances partisanes

12Arrivés au parti avec des idéaux, les adhérents sont, au cours du temps et des échecs électoraux, confrontés à un principe de réalité et doivent renégocier leurs croyances à la baisse. Cet effritement des croyances conduit à une remise en cause du coût de l’engagement.

À l'origine, je voulais ‘refaire le monde’. Je suis militant de 2002, après le cataclysme présidentiel. Je voulais voir de l’intérieur comment fonctionnait un parti et comment on pouvait peser dessus. J'en suis revenu. Je suis maintenant un simple observateur qui donne un coup de main de temps en temps lorsqu'il faut modifier un site internet ou distribuer des tracts8. »

13Pourtant, le coût de l’engagement est travaillé par l’institution partisane pour ne pas perdre sa force militante et voir mis à mal les équilibres de courant. L’une des barrières à la défection est la crainte, pour les adhérents, de perdre avec leur absence de carte, leurs « amilitants ». Les travaux de F. Dupuis-Deri (2004) ont déjà souligné la difficulté pour les ex-militants de conserver les amis rencontrés au cours d’expériences militantes communes. Le désengagement a ainsi un coût affectif important puisqu’il vient rompre des relations parfois de long terme. Ces liens d’amitié, noués par l’engagement politique, avaient d’ailleurs été mis en scène par le réseau partisan socialiste, la Coopol9, avec l’emploi du terme « coopains » (Theviot, 2014). En effet, appartenir à un parti, c’est aussi appartenir à un groupe d’individus soudés qui partage les mêmes valeurs politiques, à une communauté partisane. L’appréhension d’une mise à l’écart de ce collectif et du coût psychique et symbolique engendré peut pousser de nombreux adhérents à conserver leur carte, malgré un effritement accru de leurs croyances partisanes (Bennani-Chraibi, Fillieule, 2003).

14Pénétrer dans les coulisses de l’organisation politique en devenant cadre du parti, en endossant un rôle prescrit, renforce souvent les désillusions de l’adhérent. C’est le cas d’ Étienne : inséré dans un environnement familial militant, il a adhéré pour la première fois au PS à l’âge de dix-huit ans et en a rapidement gravi les échelons hiérarchiques pour finalement s’en désaffilier vingt ans plus tard.

15Lorsqu’Étienne est devenu secrétaire de section, il s’est engagé à maintenir les routines internes qui servent de repères aux adhérents et préservent les sociabilités militantes. Il a ainsi conservé les rétributions « affectives » du militantisme auxquelles certaines générations d’adhérents tenaient. L’attachement au groupe est en effet, en partie, construit par l’institution partisane, à travers ses cadres locaux qui maintiennent des rituels, permettant de fédérer un collectif, de bâtir un « nous ». Étienne récuse l’affaiblissement du lien partisan et l’avènement d’un « nouveau » modèle où les adhérents entrent au parti pour faire carrière, pour devenir élus.

Ça ne m’a jamais branché la carrière politique, au titre du mandat. Pour une raison simple, le système est organisé en France pour que vous ne puissiez pas briguer un mandat et vivre réellement. On fait les choses bien quand on a un mandat et exceptionnellement deux. La seule façon de ne pas devenir une tomate hors sol qui fournit des discours totalement déconnectés, c’est d’avoir un travail à côté, de rencontrer des gens, d’avoir une famille. La grande majorité des gens au PS ont plusieurs mandats. (…) Une partie du discrédit du parti vient de ça. (…) J'ai été militant classique très jeune, dix-huit ans, avec de multiples responsabilités militantes, Responsable Unef-id puis MJS, secrétaire de section PS, secrétaire du comité de ville, membre Commissions Exécutives Fédérales, Responsable d'une ‘sensibilité’ et ce, dans différentes Fédérations. J’ai été également directeur de cabinet d'un président de Région... Mais j’ai pris mes distances vis-à-vis du PS depuis 2006 car pour moi, il y a un vide d'idées, de propositions parfois même simplement sans analyse, uniquement obsédé à l'idée de retrouver le ‘pouvoir’ sans proposition concrète10.

16Les prises de positions critiques d’Étienne envers le PS l’ont progressivement amené à s’en détacher. Après vingt ans de militantisme partisan, l’épuisement s’est fait sentir suite à de multiples déceptions et à l’accroissement des désillusions. Étienne n’a plus le sentiment que c’est au sein d’une organisation partisane qu’il pourra voir ses idéaux se réaliser. Sa sortie du PS est le produit du vacillement de la croyance dans les mythes proférés par l’institution partisane qui n’ont pas su se transformer en confiance dans l’institution. Chez Étienne, les désillusions militantes ont laissé place à une méfiance envers l’institution. Pour cet enquêté, il existe bien un militantisme « ancien » et un « nouveau » militantisme.

Après, je suis devenu secrétaire de section-adjoint, puis secrétaire de section d’une des plus grosses sections de Toulouse à l’époque. (…) Il y a eu un peu de cooptation. Il y a une vieille qui est venue me voir et m’a dit que j’aurais leur soutien tant que je respecterais des fondamentaux de la section et c’était tout simple, y compris d’organisation de la vie de la section. (…) Et évidemment, tout [chaque réunion de section] se terminait avec une espèce de trucs énormes, on se retrouvait tous autour de la table avec les mamies de la section qui avaient préparé la saucisse. Et celui qui se barrait de la table, il n’allait pas faire long feu au sens où il ne s’y retrouvait pas. Ça va faire vieux con ce que je vais dire. Tout ça, ça n’existe plus, je l’ai vu disparaître. (…) Ce qui s’est passé, c’est que les vieux sont morts. Sont restés les intermédiaires, ni jeunes, ni vieux dont on avait la sensation qu’ils étaient là, avant tout, pour avoir des voix de gens le jour où ils voudraient se présenter. Progressivement, ces structures militantes se sont transformées en structure qu’il faut avoir dans sa poche le jour de désignation pour un vote. Les militants sont plus des fans. Il faut qu’ils votent dans le sens qu’on veut. On préférait perdre des gens si on pensait qu’ils n’allaient pas voter pour la bonne personne11.

17Toutefois, même si dans son discours Étienne rend responsable l’institution partisane de sa défection, son désengagement est, selon notre analyse, multidéterminé et n’est pas uniquement lié à un désaccord de principe des évolutions de l’organisation. Par exemple, son désir de devenir père a certainement joué un rôle dans le désengagement d’Étienne. La vie de famille de cet ex-adhérent semble avoir été « retardée » par son engagement partisan : il devient père à trente-sept ans et la naissance de son aîné correspondant à son tournant de carrière12.

18Le cas d’Étienne souligne bien la négociation que subit l’engagement de l’adhérent tout au long de sa trajectoire. À l’effritement des croyances partisanes, s’ajoutent de nouvelles priorités personnelles et la difficulté de trouver du temps pour maintenir son activisme. Albert O. Hirschman (2006) utilise la notion de « budget temps » pour retranscrire les choix temporels que l’individu engagé doit effectuer. Les adhérents sont amenés à hiérarchiser leurs activités en fonction du temps disponible (militer plutôt que de construire une vie de famille). Le numérique est alors souvent présenté par les adhérents comme une solution pour pallier le manque de temps et maintenir leur engagement puisqu’il permet de prendre part aux actions militantes en ligne depuis le domicile et sans contrainte horaire.

Négocier la « bonne » distance au parti en militant en ligne

19Le discours d’Étienne opposant « ancien » et « nouveau » militantisme aurait tendance à le catégoriser dans les militants qui résistent à la montée en puissance de l’activisme en ligne. Mais ce serait oublier ce qui a poussé Étienne à dix-huit ans à s’engager au PS : le débat d’idées. Son contraire, le manque d’échange, est d’ailleurs l’une des raisons principales affichées de sa défection :

 J’ai pris mes distances vis-à-vis du PS depuis 2006 car pour moi, il y a un vide d'idées, de propositions13.

20Or, l’une des caractéristiques supposées des dispositifs en ligne, tels que les forums et les espaces de commentaires des journaux ou de Facebook, seraient de permettre un débat plus libre et déterritorialisé. Lors du lancement du réseau social socialiste, la Coopol en janvier 2010, cet objectif de débat a ainsi été mis en avant car il s’agit bien d’une des attentes des militants de gauche :

Interconnecter les militants pour favoriser les échanges et le débat interne ; ouvrir le parti sur l'extérieur en permettant aux sympathisants de nous rejoindre14.

21En période de campagne électorale, le désir est fort pour Étienne de renouer avec le débat d’idées et Facebook lui permet de participer à la bataille en ligne, sans devoir se conformer aux consignes du parti. Il participe ainsi à une cellule de vigilance pour défendre les « camarades » qui sont attaqués en ligne. En effet, les liens maintenus sur Facebook avec ses « amilitants » diminuent les coûts affectifs de la défection. Le militantisme sur les réseaux sociaux lui semble adapté pour continuer à s’engager sans pour autant être affilié à un parti politique et conserver une disponibilité pour s’investir à la fois dans son rôle de père et développer sa carrière professionnelle dans le secteur privé. En s’exprimant sur Facebook, il dit renouer avec le débat d’idées qui n’était, pour lui, plus présent en section.

Je lis la presse sur Internet et c’est facile de la partager en cliquant. Du fait de mes activités professionnelles, c’est plus adapté. Et c’est là où je retrouve l’ensemble des gens avec qui j’ai pu militer. De temps en temps, je poste des points de vue, des écrits. Je n’ai plus la disponibilité pour la vie militante. Et je la trouve d’une telle pauvreté… La section dans laquelle j’avais adhéré est nombreuse et elle est tenue plutôt par ma sensibilité. Il n’y a pas de débat. Ce sont des succursales de contrôle de la machine électorale. Quand on n’a pas pour objectif de candidater, les débats s’avèrent pauvres très, très vite. C’est le constat du désarroi militant. Pour agir vraiment, c’est pas forcément là. À part contribuer à l’élection d’un tel qui a mis en place sa stratégie électorale depuis vingt ans. À un moment donné, ça s’étiole. Ça explique aussi ce militantisme plus distant15.

22Ce désir de débattre, en se désenclavant des enjeux de courants propres à la section, se retrouve dans les propos de nombreux ex-adhérents du PS, actifs sur Facebook. Le militantisme en ligne s’accompagne ainsi d’une disqualification des pratiques précédentes, considérées comme archaïques et devant faire l’objet de réformes en interne, tels que les débats en section.

Vous savez, quand vous allez à deux ou trois réunions et qu’on est six en réunion, au bout d’un moment, vous connaissez par cœur les prises de position de chacun. Vous savez ce que chacun va dire. Il faut avoir envie d’y retourner. Internet permet d’ouvrir le débat16.

Être militant dépend beaucoup de l'animation et de la vie politique locale... Dans mon département tout est magouille et discorde... Comment militer ? Je milite en ligne comme ça je me tiens éloigné de tout ça et je continue à débattre17.

23Ainsi, l’introduction du numérique dans l’activité militante offre la possibilité à l’adhérent d’agir en ligne, sans pour autant s’inscrire dans les logiques institutionnelles internes au parti. L’activisme en ligne permet en effet de déterritorialiser en partie le militantisme, et de le déconnecter, dans une certaine mesure18, des hiérarchies internes à l’organisation :

Internet, ça permet une autre manière de se rendre visible, de se mobiliser sans dépendre des cadres locaux et de diffuser des informations sans passer par des instances19.

24Le numérique propose a priori des formes plus souples d’activisme, ne demandant pas forcément un rattachement institutionnel et permet de renouveler la croyance au politique, mais dans une vision de l’engagement plus distancié pour ces déçus de l’institution. Les ex-adhérents continuent ainsi à échanger à distance avec leurs « amis militants » sur Facebook, concernant par exemple le contenu de meetings diffusés sur les chaînes d’information continue ou de débats politiques. Il s’agit de partager un moment ensemble, permettant de maintenir un lien avec ses anciens « camarades ». Certains ex-adhérents en arrivent même à reprendre leur carte suite à un investissement fort sur la Toile.

Une mise à distance complexe : maintien des liens militants, portée critique et discipline partisane

25Facebook permet à l’ex-adhérent de garder des liens avec ses anciens camarades, de commenter leurs propos et d’échanger avec eux. Toutefois, en période de campagne électorale, certains adhérents n’apprécient guère les débats internes qui remettent en cause les prises de position du candidat socialiste. Les ex-adhérents sont en effet souvent plus critiques en ligne envers le parti que ceux qui font corps avec l’institution. Ainsi, le cyber-militant qui s’autorise sur son compte Facebook à discuter les idées de son favori est souvent pointé du doigt par ses « amis » adhérents qui considèrent que ces prises de position négative n’ont pas leur place en période de campagne. La parole de l’adhérent à jour de sa cotisation ou non, même sur Facebook, est donc soumise à l’appréciation de ses « amis » militants. La volonté de donner l’image d’un parti uni autour d’un candidat transforme l’ex-adhérent en « supporter » qui doit « se taire » même quand les propositions de son candidat ne lui conviennent pas.

Quand il y a quelques semaines, on me dit : ‘est-ce que tu peux intervenir sur Facebook parce qu’on a un camarade qui est en train de se faire exploser car il est à cours d’argumentaires.’ On a une cellule de vigilance. Alors je m’insère dans quelques conversations, je discute pour éviter que des mecs UMP se mettent à quatre sur ce type. Les fonctions que j’ai eues me permettent facilement d’écrire. Suite à ça, on a un échange avec un militant et je dis que : « dans cette campagne, il va falloir avoir un débat, il faut parler à notre électorat ». Le mec intervient et me dit : « ça n’a pas lieu d’être quand la campagne a commencé et qu’il faut se taire ». Et je lui dis : « le débat, il a eu lieu quand ? » Il me dit : « peu importe, la campagne a commencé. »20

26En période de campagne électorale, la discipline partisane est forte et l’ex-adhérent ne peut compter sur ses anciens camarades pour participer à un débat d’idées. Ce cadre est en majorité intériorisé par les adhérents qui s’autocensurent et lorsque ce n’est pas le cas, la veille sur les réseaux, effectuée par d’autres adhérents (voire les équipes de campagne), lui fait rapidement comprendre qu’une parole « libérée » n’a pas sa place en période de campagne électorale. Il s’agit de mettre le candidat dans une posture de président et d’éviter tout dérapage ou buzz négatif en ligne.

27La figure suivante illustre la volonté d’Étienne, ex-adhérent du PS, de créer du débat sur son mur Facebook. Il rédige des messages longs et s’auto-commente afin de pousser ses amis à réagir. Le ton est d’ailleurs souvent provocateur et désabusé sur les rouages de la machine partisane.

Figure 1 :Capture d’écran du compte Facebook d’Étienne, le 1er mars 2012

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28Mais ses provocations ne permettent pas de créer du débat et d’engendrer des réactions de ses anciens camarades. Rédigé en 2012, son message, critiquant pourtant une élue de droite, n’induit pas de commentaires autres que les siens : Étienne débat donc avec lui-même ! Les débats de fond n’ont pas forcément lieu sur Facebook, pensé comme un entre soi : nos amis en ligne sont souvent d’accord avec nous. Les contenus qui se diffusent le mieux en ligne et arrivent à dépasser le cadre de l’entre soi proposent un ton humoristique et décalé, se fondant davantage sur l’image que l’écrit.

29En revanche, Facebook permet à Étienne d’afficher son mécontentement envers le fonctionnement traditionnel des partis politiques français qui « sont en décalage avec les attentes des citoyens ». Plus qu’un espace de débats avec les adhérents, Facebook s’avère pour les ex-adhérents une sorte de défouloir pour livrer leur déception militante et accuser de nouveau le parti de ne pas répondre à ses missions. Le militantisme en ligne leur permet ainsi d’opter à la fois pour l’exit et la voice. En situation de désaccord avec l’institution partisane, A. Hirschman (1995) a identifié trois conduites possibles pour l’individu mécontent : la défection (exit), la prise de parole (voice) et la loyauté (loyalty). La défection consiste à manifester silencieusement son mécontentement en quittant l’organisation, « une telle conduite serait fondatrice et récurrente dans certaines traditions nationales (naissance des États-Unis à partir de vagues de défections massives, émigration dans l’Italie du Mezzogiorno ou dans le Nordeste brésilien) » (Fillieule et al., 2013, p. 228). À l’inverse, la prise de parole affiche le mécontentement en interne dans le but de modifier l’organisation. Avec le numérique, ces catégories deviennent perméables et l’ex-adhérent peut continuer à s’adresser à ses anciens camarades pour leur faire connaître ses critiques vis-à-vis du parti. Dans le cas des révolutions arabes, Manuel Castells (2012) avait insisté sur l’importance de « l’espace protégé » d’Internet face aux régimes autoritaires. Il permet de construire des « réseaux d’indignation » à partir desquels peut s’opérer le passage de l’espace privé et virtuel à l’espace public des places (Khosrokhavar, 2012). Pour prolonger cette idée dans notre cas d’étude, on pourrait considérer le parti comme un espace fermé de débat entre adhérents alors que Facebook serait un espace plus ouvert, un « espace protégé » permettant de dévoiler des critiques et de les faire connaître ensuite sur la place publique, dans notre cas aux membres du parti.

30En période de campagne électorale, Facebook permet aux ex-adhérents de renouer avec leurs réflexes militants lorsqu’« un des leurs » ou leur candidat est attaqué en ligne. En 2012, tous les internautes pouvaient poster des commentaires non modérés sur le compte Facebook de F. Hollande. Des messages négatifs envers le candidat socialiste, voire même de propagande en faveur de N. Sarkozy – tel qu’un lien vers un article explicitant les réussites du président sortant lors de son quinquennat21 ou encore un commentaire entouré de cœurs (cf. figure 2) appelant à voter N. Sarkozy – n’ont ainsi pas été supprimés. Les commentaires suivants postés sur le compte Facebook officiel de F. Hollande n’ont pas non plus fait l’objet de modération :

Ce qui me gêne à la lecture de votre programme c'est l'emploi systématique du JE à chaque début de proposition. Alors à quoi servira le gouvernement que vous êtes supposé nommer ? Cela ressemble étrangement à Spiderman, et on changerait un playmobil pour un capitaine de pédalo (Mélenchon) ! Je reste dubitatif sur le résultat quand on a un tel culte de la personnalité22 

Je vous assure la France ne mérite pas cela, hier encore le PS critiquait à mort Hollande, et aujourd'hui ils sont tous derrière ce flamby, honte a eux, [sic] la France mérite mieux23.

Figure 2 : Commentaire mis en ligne sur le compte Facebook de F. Hollande, le 25 avril 2012

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31Face à ces commentaires négatifs, l’ex-adhérent, souvent alerté par l’activité en ligne de ses « amilitants », renoue avec le collectif et s’empresse d’aller poster ses propres argumentaires pour noyer les propos négatifs dans la masse. Les commentaires agressifs permettent de réactiver des automatismes et l’ex-adhérent, pourtant critique envers son parti, fait de nouveau corps avec l’institution et défend son candidat. Face à l’opposition, l’ex-adhérent demeure un adhérent en ligne, au sens où ses pratiques sont similaires à celles des militants encartés. Cette forme de « présence connectée » permet ainsi de maintenir des liens avec les membres de l’institution partisane, voire même avec ses codes internes, ses façons de faire traditionnelles. Le militantisme en ligne des ex-adhérents rend possible une sociabilité militante intermédiaire (ni trop proche, ni trop loin) qui exploite la « force des liens faibles » (Cardon, 2011). Les rencontres hors lignes de l’ex-adhérent avec les membres du parti sont quasi inexistantes, mais la force du lien militant noue des relations en ligne, faites d’interactions quotidiennes en période de campagne électorale. Laisser ouverts les espaces de discussion sur son compte Facebook permet finalement au PS de fédérer son collectif et de mettre en scène la participation pour la faire correspondre à une culture partisane « mythifiée » du PS, censée accorder une place majeure au débat.

Conclusion

32Les adhérents négocient sur un temps long les contours de leur engagement politique et les formes que ce dernier prend dans l’action et dans l’attachement institutionnel, mais aussi par rapport à des éléments plus contextuels, liés à leurs conditions personnelles et professionnelles. Le numérique participe à cette négociation permanente de l’engagement et de la « bonne » distance au parti, en offrant aux individus la possibilité de se retrouver dans un collectif militant, sans pour autant adhérer à un parti politique.

33Le web est à la fois utilisé par les adhérents qui cherchent à renforcer leur activisme, mais aussi par les militants « déçus » ou au bord de l’exit qui souhaitent continuer à s’engager sans se sentir contraints par l’institution partisane. Ainsi, l’activisme en ligne se retrouve non seulement chez des militants hyperinvestis, mais aussi chez des adhérents en phase d’abandon du collectif, voire des ex-adhérents. En effet, l’expérience du militantisme en ligne par l’adhérent semble faciliter la défection au sens où les usages des réseaux sociaux diminuent son coût symbolique, via le maintien de liens sociaux partisans.

34Toutefois, ces déçus revigorés par l’activisme en ligne subissent parfois une seconde déception face à l’encadrement de la parole en ligne, exercé par le parti. L’expression partisane s’avère en effet contrôlée sur la Toile et ne permet pas une activité militante aussi souple qu’on pourrait le penser a priori, notamment en période de campagne électorale. Facebook ne peut donc pas être réellement assimilé à un espace de débat, de dialogue, mais plutôt à un espace d’expression où l’ex-adhérent peut enfin dire ce qu’il ne pouvait pas dire à l’intérieur du parti. Cette prise de parole en ligne lui permet alors de contester et de critiquer ce qui l’a poussé à l’exit et de revendiquer par la suite d’autres manières de s’engager et de prendre part à la vie politique. Le militantisme en ligne des ex-adhérents se dégage alors des espaces partisans et certains en arrivent même à retirer de leurs amis Facebook leurs anciens « camarades ».


Bibliographie

Barboni, Thierry (2009), « Le Parti Socialiste, parti de militants, des militants… ou de supporters ?», Recherche socialiste, n° 46-47, p. 12-27.

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Notes

1 Rachid, adhérent PS, Fédération de Gironde. Réponse au questionnaire.

2 Comme le souligne R. Lefebvre (2009, p. 6), « le modèle de l’engagement distancié est à la fois descriptif et prescriptif : il prétend analyser une situation qu’il contribue lui-même à façonner dans la mesure où les acteurs et les organisations se l’approprient ».

3 Adhérente PS, Fédération des Alpes Maritimes. Réponse à la dernière question ouverte du questionnaire : « Si vous voulez ajouter quelque chose sur votre engagement, oui si vous avez des commentaires sur ce questionnaire, n’hésitez pas à le faire ».

4 Est empruntée à A. Panebianco, la formule « modèle génétique ». Selon cette théorie, les fondements de la création du parti permettent de saisir les codes de fonctionnement historique qui imprègnent encore actuellement le parti.

5 Le PS est conçu dans les années 1970 comme une organisation politique reposant sur des militants actifs et sur lesquels le parti s’appuie fortement. L’ADN du PS se trouverait alors dans la place majeure accordée à l’adhérent et au débat d’idées – représentations en partie mythifiées.

6 Twitter est davantage mis en avant comme une zone d’expertise et non de liens sociaux

7 J. Whalen et R. Flacks (1989) considèrent que le récit de vie est le seul moyen d’approcher le parcours des enquêtés, de repérer comment l’entrée dans le militantisme s’est faite dans le passé et de contextualiser l’engagement, voire le désengagement.

8 Paul (anonymisé), ex-adhérent PS, Fédération de Paris. Entretien du 27 mai 2011.

9 La création de ce réseau en janvier 2010 a été fortement médiatisée puisqu’il a été dévoilé lors des vœux de M. Aubry, première secrétaire du PS. L’enjeu était alors de donner une image de modernité du parti qui sait se saisir des innovations technologiques.

10 Étienne (anonymisé), ex-adhérent PS, Fédération de Gironde. Entretien du 24 février 2012.

11 Étienne (anonymisé), ex-adhérent PS, Fédération de Gironde. Entretien du 24 février 2012.

12 La prise de poste d’Étienne dans le secteur privé (alors que son poste dans le secteur public était auparavant fortement lié à son engagement politique) se réalise en 2007 et son épouse donne naissance à leur premier enfant en 2008.

13 Étienne (anonymisé), ex-adhérent PS, Fédération de Gironde. Entretien du 24 février 2012.

14 Message reçu lors de l’inscription à la Coopol.

15 Étienne (anonymisé), ex-adhérent PS, Fédération de Gironde. Entretien du 24 février 2012.

16 David (anonymisé), ex-adhérent PS, Fédération des Alpes Maritimes. Entretien du 23 novembre 2011.

17 Michel, ex-adhérent PS, 58 ans, Fédération des Alpes Maritimes. Réponse au questionnaire.

18 Les univers virtuels ne sont pas dépourvus de hiérarchies ; ce que montrent les travaux sur les rôles établis dans le domaine des logiciels libres (Demazière et al., 2009).

19 Denis, adhérent PS, Fédération des Alpes Maritimes. Réponse au questionnaire.

20 Étienne (anonymisé), ex-adhérent PS, Fédération de Gironde, ex-directeur de cabinet du président socialiste de la région Aquitaine. Entretien du 24 février 2012.

21  http://www.lexpress.fr/actualite/politique/les-reussites-de-sarkozy_1075105.html (consulté le 21 janvier 2014).

22  Commentaire d’un internaute sur le profil Facebook de F. Hollande, suite à la publication intitulée « Grand rassemblement Paris-Bercy, pour le changement », le 29 avril 2012.

23 Commentaire d’un internaute sur le profil Facebook de F. Hollande, suite à la publication intitulée « déplacement dans l’Aisne », le 25 avril 2012.


Pour citer ce document

Anaïs Theviot, «Du désengagement partisan au militantisme en ligne : militer à « bonne » distance du parti ?», Kairos [En ligne], n°3, mis à jour le : 23/10/2019, URL : http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=184.

Auteur

Quelques mots à propos de :  Anaïs Theviot

Arènes, Université Catholique de l’Ouest, Angers