Guillaume Thouroude, La Pluralité des mondes. Le récit de voyage de 1945 à nos jours, Paris, PUPS, coll. « Imago Mundi », 2017, 300 p., ISBN : 979-10-231-0506-6.

Gilles Louÿs

1La littérature de voyage contemporaine et extrême-contemporaine n’avait pas, à ce jour, fait l’objet d’une investigation systématique de la part de la critique universitaire en France – si l’on excepte la collection d’études dirigée par Philippe Antoine1 ou les travaux de Gérard Cogez2, mais qui consistent surtout en une suite de monographies consacrées à des auteurs notoires (Ségalen, Gide, Leiris, Lévi-Strauss, Bouvier), et n’allant guère au-delà des années soixante-dix ou quatre-vingt. La publication récente par les Presses de l’Université Paris-Sorbonne de l’essai de Guillaume Thouroude, tiré d’une thèse de doctorat soutenue en 2012, vient donc combler une lacune.

2L’ouvrage se présente en effet comme une exploration à la fois historique et critique de tout un pan de la littérature de voyage en France aux XXe et XXIe siècles : depuis l’immédiat après-guerre (les récits de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir) jusqu’aux plus récentes réalisations des années 2010 (Antonin Potoski et Caroline Riegel), c’est près de soixante-dix ans de publications à caractère viatique qui sont ainsi parcourus. De plus, Guillaume Thouroude a le mérite d’apporter une contribution théorique à la conceptualisation de cette littérature en s’attaquant à l’épineux problème de sa définition générique, qu’il aborde de manière à la fois claire et tranchante. Si l’on ajoute que cet intérêt théorique s’accompagne d’une dimension militante, de la part d’un auteur qui n’entend pas se limiter à une position purement critique, mais qui se réclame aussi d’une pratique créative et d’un engagement personnel à défendre et promouvoir la littérature viatique d’aujourd’hui3, on tient là un ouvrage qui n’est certes pas dépourvu d’ambition, mais qui ne manquera pas de soulever maintes discussions, en raison du plaidoyer et des prises de positions personnelles de son auteur.

3Animé du souci de prouver que la littérature viatique n’a pas moins de valeur esthétique que la littérature dite légitime, Thouroude entend montrer en effet que c’est aux innovations stylistiques et aux élargissements thématiques opérés par le récit de voyage d’après-guerre et des années 1960 jusqu’à aujourd’hui que le champ littéraire français contemporain doit ses plus belles réussites. En outre, par leur réinvention de l’approche des territoires, des lieux et des « non-lieux » (Marc Augé), les récits de voyage post-modernes infligeraient un démenti au pessimisme d’un Valéry4 prophétisant en 1931 l’avènement d’un monde fini, sans plus rien de nouveau ou d’inconnu à explorer – démenti qui justifie l’emprunt que fait l’auteur à Fontenelle dans le titre de son ouvrage : aujourd’hui comme hier, donc, le récit de voyage serait dédié à la « pluralité des mondes ».

4Cette double thèse – dignité esthétique et vocation heuristique du récit de voyage contemporain et extrême-contemporain – est méthodiquement argumentée à travers 7 chapitres, le premier à caractère définitionnel, sur lequel on reviendra plus loin, les 6 autres proposant une périodisation historique couplée à une évaluation critique :

  • l’après-guerre marqué par les années Sartre et la publication de Tristes Tropiques ;
  • les années 1960-1970 et les expérimentations viatiques analysées à travers les « dérives psychogéographiques » de Guy Debord ou de Jacques Réda et les innovations textuelles de Butor (Mobile), de Perec (Tentative d’épuisement d’un lieu parisien), de Barthes (L’Empire des signes) ;
  • les années 1980 et 1990, perçues par Thouroude comme un retour en arrière, d’une part en raison du « classicisme » qu’il associe à l’écriture de Nicolas Bouvier, et d’autre part en référence aux « Étonnants voyageurs » de Michel Le Bris, retour nostalgique aux récits d’aventure d’antan, et dont Thouroude montre à quel point il fut un rassemblement purement circonstanciel et « mercatique » d’écrivains n’ayant guère en commun avec Le Bris que le goût des rencontres amicales et le partage d’affinités personnelles ;
  • les années de fin du siècle, marquées par les « démarches ambulatoires » de Jean Rolin, Jean Baudrillard, Marc Augé, François Maspero.
  • À l’intérieur de ce découpage temporel s’intercale un chapitre, le 6e, consacré aux contributions pour le moins aporétiques au récit de voyage de la « littérature migrante », francophone et postcoloniale, qui détonne sur le plan chronologique (Un nègre à Paris de Bernard Dadié date de 1959 alors que les textes de Dany Laferrière concernent le début des années 2000) – et dont l’existence semble surtout motivée par le souci d’échapper au reproche d’une conception purement hexagonale et ethnocentrée du récit de voyage.
  • Le 7e et dernier chapitre (« Que peut-on espérer du XXIe siècle ? ») est le plus polémique du livre : outre un éreintement des « aphorismes de sous-préfecture » de Sylvain Tesson (p. 237), il s’intéresse aux « nouveaux explorateurs » des années 2000 et 2010, principalement en Asie centrale et en Chine, et à leur approche souvent manichéenne de ces territoires.

5L’ensemble proposé ménage ainsi de vastes perspectives à la fois temporelles et thématiques, systématiquement reliées à des tendances ou des auteurs marquants en philosophie et sciences humaines (Sartre, Baudrillard, Debord, Deleuze, Augé, Barthes, Lévi-Strauss, Virilio, Nora, de Certeau, Bégout …), avec le souci d’imprimer une forme de cohérence à l’intérieur d’un ensemble de textes pour le moins disparates : ambition incontestablement louable mais qui n’est pas sans faire penser, parfois, à une forme de « lagarde-et-michardisation » de la littérature viatique française des XXe et XXIe siècles.

6Il n’en reste pas moins que l’ouvrage de Thouroude propose maints éclairages pertinents. En particulier, son premier chapitre propose une contribution intéressante à la réflexion théorique sur ce qu’il est convenu d’appeler le genre viatique. S’appuyant sur le constat de l’autonomisation littéraire accomplie par le récit de voyage durant les dernières décennies, Thouroude en propose une définition permettant de cerner son identité – ce qui n’est pas d’un mince apport quand on sait l’éternelle discussion sur la difficulté à catégoriser un genre fondamentalement hybride, à l’intérieur d’un corpus pluriséculaire absolument gigantesque – Thouroude rappelle d’ailleurs utilement, comme le faisait Cogez, la très grande ancienneté de la littérature de voyage, voire sa prééminence historique – caractérisé par une extrême hétérogénéité textuelle. On sait gré à l’auteur de reconnaître l’hybridité constitutive de ce corpus sans pour autant renoncer à l’exigence légitime de parvenir à une identité générique. Le critère utilisé pour ce faire, opposant le récit factuel au récit fictionnel, conformément à la taxinomie de Genette5, lui permet d’éliminer de son corpus tout ce qui ne témoigne pas d’un pacte de lecture référentiel et qui relève de la littérature de fiction. L’habileté de Thouroude dans cette discussion tient au fait que ce critère lui permet de justifier la délimitation de son corpus (les récits de voyage strictement factuels) tout en reconnaissant la proximité qui existe avec une littérature de voyage à caractère fictionnel, et donc d’échapper à l’objection que ne manqueraient pas de lui faire tous ceux pour qui Heart of Darkness n’est pas moins un récit viatique que le Voyage au Congo d’André Gide. Le « récit de voyage » tel qu’il le définit sous cette dénomination6 (factuel, et ouvert à d’autres médias que les textes imprimés) serait donc un sous-ensemble de ce qu’il appelle la « littérature du voyage » (abritant et de la fiction, et de la non-fiction, mais exclusivement sous forme de textes imprimés), ces deux corpus étant eux-mêmes partie de l’ensemble « littérature générale7 ».

7Toute discussion sur les récits de voyage définis sur cette base finit immanquablement par se dénouer sur la question de leur « littérarité » : en quoi peut-on dire que les récits viatiques ont une valeur esthétique du même type que celle qui est attribuée aux textes de la littérature dite légitime (et principalement fictionnelle), et sur quelle base différencier ceux de ces récits qui en seraient porteurs de ceux qui sont censés en être dépourvus ? À cette question qu’il posait en introduction à son essai sur Les écrivains voyageurs du XXsiècle, Gérard Cogez répondait évasivement en s’en remettant à « l’observation de la pratique » et à « la mise en jeu d’un certain nombre de critères thématiques8 ». L’essai de Guillaume Thouroude n’échappe pas à cette problématique mais en renverse les termes, en posant d’emblée que l’innovation, usuellement associée à la « littérarité », est précisément le fait du récit de voyage tel que pratiqué par Sartre, Butor et d’autres auteurs choisis par Thouroude, qu’il présente comme canoniques en termes de créativité et de renouvellement formel, et qui lui servent d’éléments de référence pour déployer son panorama du récit de voyage aux XXe et XXIsiècles.

8Tout le problème vient du fait que cette entreprise repose sur des choix d’œuvres et d’auteurs dont les critères ne sont à aucun moment explicités, si ce n’est que Sartre, Lévi-Strauss, Barthes ou Bouvier s’imposent du fait de leur célébrité, et que d’autres, comme Réda, Rolin, Maspero, Coatalem, Kauffmann, Depardon sont des figures notoires dans le champ éditorial contemporain. Mais alors pourquoi privilégier Rolin (Jean) plutôt que Rolin (Olivier), qui n’est pas moins que son frère un prolifique auteur de récits relevant, peu ou prou, du genre viatique ? Pourquoi Antoine Potoski plutôt que, au hasard, Christian Garcin ? Et à propos de l’Asie centrale et de la Chine, qui sont effectivement des territoires massivement investis par les voyageurs et voyageuses d’aujourd’hui, pourquoi Sylvie Lasserre plutôt que Clara Arnaud ou Linda Gardelle ? Et si dire l’espace américain est un défi, pourquoi en rester au Mobile de Butor et ignorer les textes d’Éric Sarner ou de Dominique Falkner9 qu’on peut également considérer comme d’intéressantes études « pour une représentation des États-Unis10 » ? Et que dire des très nombreux récits récents consacrés au Japon, dont certains renouvellent le genre ? Comment se fait-il que des auteurs comme Fabienne Verdier ou Le Clézio (qui n’a pas écrit que des fictions) soient absents du corpus de Thouroude ?

9Choisir, on le sait, c’est aussi exclure : et là réside le principal reproche qu’on peut adresser à un auteur qui s’est visiblement taillé un corpus sur mesure, approprié à ses goûts et à ses principes. Certes, on ne peut attendre d’un essai de 300 pages qu’il soit exhaustif quant à son objet, au vu de la surabondance des références dans le corpus des récits viatiques depuis 1945 jusqu’à aujourd’hui. Mais reste que les choix opérés par Thouroude posent question : son corpus dit « principal » ne compte que 31 auteurs (dont seulement 5 voyageuses), ce qui semble singulièrement restreint pour prétendre embrasser près de 70 ans de récits de voyage.

10De sorte qu’on se dit que, aussi éclairantes que soient ses analyses, ses mises en relation, ses évaluations critiques, on est quand même loin du travail d’enquête qui serait nécessaire pour objectiver cette littérature, dont le corpus même, dans toute sa diversité, reste à interroger. L’auteur en reste finalement à une conception élective, pour ne pas dire élitiste de la littérature viatique, celle qu’il considère comme pleinement « littéraire », selon ses goûts, ce qui équivaut à exclure toutes les autres formes qui n’y répondent pas. Paradoxalement, en cherchant à soustraire le récit de voyage au regard quelque peu condescendant dont il est l’objet de la part de certains milieux littéraires – raison pour laquelle d’ailleurs un Jean Rolin ou un Patrick Deville se refusent à être décomptés parmi les auteurs de récits viatiques – et en ambitionnant de le réhabiliter auprès de ces mêmes milieux, en s’appuyant sur un corpus susceptible d’être « consensuel », Thouroude ne fait rien d’autre que reproduire les pratiques de distinction en cours dans le champ littéraire, de sorte que la légitimation littéraire qu’il réclame pour ceux des récits de voyage qu’il élit dans son corpus de prédilection revient à délégitimer tous ceux qu’il en exclut, et à les reléguer dans les marges de la « paralittérature ».

11C’est pourtant bien le même Thouroude qui critique de manière pertinente, dans le 4e chapitre de son essai, la prétention éditoriale et esthétique des « Étonnants voyageurs » à vouloir refonder la littérature sur des valeurs nostalgiques héritées des récits d’aventure d’avant-guerre : mais il est piquant de constater que lui-même ne fait guère que substituer à cette prétention une position analogue, quoique inversée, consistant à faire du récit de voyage, à travers des auteurs judicieusement choisis à cet effet, le laboratoire d’expérimentations formelles et de réinventions thématiques.

12Est-ce alors à cet aveuglement théorique ou à une documentation insuffisante qu’on doit certaines affirmations péremptoires ? Sur quoi s’appuie l’auteur pour soutenir que le genre viatique est « moribond à la Libération » (page 16), quand on sait au contraire la vogue du récit de voyage et d’exploration à cette époque, ce dont Lévi-Strauss se moque dans Tristes Tropiques11 ? Déclarer, comme le fait Thouroude (p. 14) qu’il n’y a aucune contribution significative des femmes à la littérature viatique de l’après-guerre, et qu’il faut attendre les années 2000 pour observer leur retour « au premier plan », est proprement stupéfiant. Et tenter de se justifier en s’abritant derrière le fait qu’il n’existe aucune monographie critique consacrée aux voyageuses de cette période, que la recherche anglo-saxonne dans le domaine des French Studies (qui, de fait, est abondamment citée dans le livre de Thouroude) n’en mentionne pas ou très peu12, ou encore que le manifeste Pour une littérature voyageuse – dont Thouroude montre pourtant qu’il n’est en rien représentatif du genre viatique des années 1990 – ne comporte aucune signature féminine, tout cela ne fait guère que souligner l’énormité du propos au lieu de la réduire. L’auteur semble ignorer, par exemple, l’œuvre remarquable d’une Anita Conti qui relate avec une belle constance, des années 1950 jusqu’aux années 1990, ses participations à de nombreuses navigations à but halieutique ou scientifique13 ; ou encore les contributions au genre viatique d’Odette du Puigaudeau – et non « de Puydaudeau » comme l’écrit Thouroude page 14 – qui ne se limitent nullement aux années 1930 mais s’étendent jusqu’aux années 1950 et au-delà14. Et s’il est vrai qu’Ella Maillart fait partie de ces écrivaines voyageuses qui ont connu « un grand succès avant la guerre » (p. 14), il n’en reste pas moins qu’elle continue à publier après la guerre et, plus étonnant, que son influence sur la jeunesse européenne traverse plusieurs générations, comme le montrent plusieurs réalisations éditoriales récentes du type « sur les traces d’Ella Maillart15 » : au point qu’on peut se demander si le tropisme qui attire en Asie centrale maintes voyageuses françaises des années 2000 et 2010 n’est pas à mettre en relation avec cette influence. Mais on pourrait citer bien d’autres exemples, durant toute la seconde moitié du XXsiècle, qui montrent que les femmes en France, contrairement à ce que prétend Thouroude, n’ont jamais cessé de contribuer à la littérature de voyage : citons, parmi d’autres, Clara Malraux16, et surtout Muriel Cerf, dont L’Antivoyage17 constitue une œuvre marquante de la littérature viatique des années 1970 et qui, étonnamment, n’est pas même citée par Thouroude. Le fait qu’il n’existe pas d’étude critique d’ensemble sur les écrivaines voyageuses du XXsiècle devrait donc inciter à enquêter sur le sujet18, plutôt qu’à conclure qu’il n’existe pas.

13Ajoutons que le talent polémique de Thouroude le conduit parfois à des propos excessifs – notamment lorsqu’il aborde cette « vache sacrée » de la littérature viatique qu’est Nicolas Bouvier : son portrait du voyageur genevois en réactionnaire dépolitisé qui en serait resté à l’orientalisme du XIXe siècle, p. 132-133, prête quand même à sourire. Quant à l’affirmation péremptoire, page 130, selon laquelle Bouvier se serait montré insensible au fait colonial des pays qu’il a traversés, elle ne résiste pas à la simple lecture, en particulier de L’Usage du monde et du Poisson-Scorpion, qui témoignent au contraire d’une certaine clairvoyance quant aux séquelles du fait colonial dans les mentalités, tant au Pakistan et en Afghanistan qu’à Ceylan. Mais, comme toujours avec Nicolas Bouvier, dont le style est réfractaire aux grandes envolées, il faut chercher cette sensibilité là où elle se glisse, parfois entre les lignes.

14Ces réserves faites, il faut créditer l’ouvrage de Guillaume Thouroude d’un riche et minutieux travail d’analyse, qui ouvre des perspectives stimulantes, notamment lorsqu’il montre comment le récit de voyage post-moderne revisite d’anciennes topiques (la flânerie, l’errance), jusqu’à se réapproprier des procédés qui remontent aux origines mêmes de l’écriture du voyage (l’inventaire, la liste). Parvenir à relier ainsi, de façon convaincante, le temps contemporain à celui des plus anciennes relations connues, cela est, somme toute, le plus bel hommage qu’on peut rendre à la permanence de ce genre viatique, que l’étude de Thouroude parvient excellemment à éclairer.

Notes

1 Voyages contemporains 1 : Voyages de la lenteur, textes réunis et présentés par Philippe Antoine, Caen, Lettres modernes Minard, 2010. Signalons aussi l’ouvrage collectif dirigé par Olivier Hambursin, Récits du dernier siècle des voyages. De Victor Segalen à Nicolas Bouvier, Paris, PUPS, coll. « Imago Mundi », 2005.

2 Gérard Cogez, Les écrivains voyageurs au XXsiècle, Paris, Seuil, 2004 ; Partir pour écrire. Figures du voyage, Paris, Honoré Champion, 2014.

3 Voir son blog « la précarité du sage », qui témoigne d’un réel sens de la mise en scène de soi : http://laprecaritedusage.blog.lemonde.fr/ [consulté le 12 août 2018].

4 Cité par l’auteur p. 201.

5 Gérard Genette, Fiction et diction, Paris, Seuil 2004 (1979, 1991), p. 142 et suiv.

6 Aux pages 30 et 31 de son livre.

7 Cf. les deux diagrammes de Venn pages 30 et 32 illustrant ces différents niveaux d’intégration.

8 Gérard Cogez, Les écrivains voyageurs au XXsiècle, op. cit., p. 11.

9 Dominique Falkner, Ça n’existe pas l’Amérique, Paris, Arléa, 2010 ; Éric Sarner, Sur la route 66. Petites fictions d’Amérique, Paris, Hoëbeke, 2009.

10 Sous-titre du livre de Michel Butor : Mobile : Étude pour une représentation des États-Unis, Paris, Gallimard, 1962.

11 Le célèbre cycle de ciné-conférences centré sur le voyage et l’exploration, « Connaissance du monde », est fondé en 1945 par Camille Kisgen – avec lequel collabora Nicolas Bouvier en 1958.

12 Même une auteure comme Nicole-Lise Bernheim, qui figure dans l’étude de Charles Forsdick, Slobhan Shilton et Feroza Basu citée par Thouroude page 15, et qui a publié un livre attachant sur le Japon (Saisons japonaises, Paris, Payot & Rivages, 1999) ne trouve pas grâce à ses yeux au prétexte que ses écrits seraient « confidentiels ».

13 Des récits d’Anita Conti, citons, entre autres : Racleurs d'océans, Paris, Payot & Rivages, 1998 (1953, éd. André Bonne) ; Géants des mers chaudes, Paris, Payot & Rivages, 1997 (1957, éd. André Bonne) ; L’Océan, les Bêtes et l’Homme ou l’ivresse du risque, Paris, Payot & Rivages, 1999 (éd. André Bonne, 1971) ; Les Terre-neuvas, Paris, éd. du Chêne, 2004 (co-auteur : François Bellec). On pourrait même dire que l’actualité d’Anita Conti se poursuit après sa mort (survenue en 1997), puisque vient d’être publié un précieux carnet inédit de ses impressions à bord du morutier Viking, durant une campagne de pêche de 3 mois en 1939 : Anita Conti, Le Carnet viking – 70 jours en mers de Barents (juin-septembre 1939), préface de Catherine Poulain, introduction de Laurent Girault-Conti, Paris, Payot & Rivages, Paris, 2018.

14 Œuvres d’Odette du Puigaudeau publiés après-guerre : La route de l’Ouest (Maroc-Mauritanie), Paris, éd. J. Susse, 1945 ; Grandeur des îles, Paris, Payot, 1996 (Julliard, 1946, 1989) ; Mon ami Rachid, guépard, Paris, Albin Michel, 1948 ; Tagant, Paris, Phébus, 1993 (Julliard, 1949) ; La piste Maroc-Sénégal, Paris, Plon, 1954 ; Le passé maghrébin de la Mauritanie, Rabat, Ministère d’État chargé des Affaires Islamiques, 1962.

15 Voir par exemple le récit d’Amandine Roche, Nomade sur la voie d’Ella Maillart, Paris, Payot et Rivages, 2005 (2003).

16 Clara Malraux, Java Bali, Lausanne, Éditions Rencontre, « L’Atlas des voyages », 1963.

17 Muriel Cerf, L’Antivoyage, Arles, Actes Sud, 2008 (Mercure de France, 1974).

18 La bibliographie annuelle de l’histoire de France fait état de 45 voyageuses françaises dont les textes ont été recensés pour le XXe siècle : voir Isabelle Havelange, Les voyageuses françaises au prisme de la bibliographie annuelle de l’histoire de France (de 1970 à 2010) : https://journals.openedition.org/genrehistoire/1308 [consulté le 15/08/2018].


Pour citer ce document

Gilles Louÿs, «Guillaume Thouroude, La Pluralité des mondes. Le récit de voyage de 1945 à nos jours, Paris, PUPS, coll. « Imago Mundi », 2017, 300 p., ISBN : 979-10-231-0506-6.», Viatica [En ligne], 6 | 2019, mis à jour le : 28/03/2019, URL : http://revues-msh.uca.fr/viatica/index.php?id=132.

Auteur

Quelques mots à propos de :  Gilles Louÿs

Université Paris Nanterre, Centre des Sciences des littératures en langue française (CSLF)