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    <title>K@iros</title>
    <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos</link>
    <language>fr</language>
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      <title>Conclusion</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=590</link>
      <description>L’hétérogénéité des textes de ce numéro donne naissance à un sentiment étrange, que nous avions éprouvé lors de la direction de l’ouvrage collectif mentionné en introduction : celui d’avoir devant soi un objet qui se dérobe au moment même où l’on cherche à s’en saisir. Dès lors, compte tenu de la difficulté, voire de l’impossibilité à disserter sur un sujet aussi insaisissable, se pose une question centrale : comment conclure ce numéro ? Dans la conclusion/ouverture de notre ouvrage Matérialiser l’utopie, nous avions fait le choix de faire émerger et d’explorer des « objets communs » partagés par les utopies des contributeurs, aussi différentes soient-elles. Nous reprendrons ce parti pris en considérant six de ces objets qui définiront un paysage souple et vivant plutôt qu’une synthèse rigide et définitive de réponses aux trois questions posées par ce numéro sur la nature des utopies contemporaines, leurs effets et leurs dynamiques. Nous chercherons davantage à trouver des dynamiques plutôt qu’à énoncer des vérités. Ces six objets concernent le symbole, l’espérance, la contingence, le politique, le temps et le corps. Ensemble, ils forment une série d’harmoniques des utopies contemporaines. L’utopie tisse son langage dans les symboles enracinés dans les gènes de notre existence1 […] . Il y a quelques mois, nous inscrivions ces mots dans les dernières pages de notre ouvrage Matérialiser l’utopie. Ils font résonner le texte de Christine Kossaifi qui montre la filiation entre une</description>
      <pubDate>mer., 06 mai 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>Utopie</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=592</link>
      <description>Chaque entrée dans la collection « Le mot est faible » dirigée par Christophe Granger chez Anamosa ambitionne de « s’emparer d’un mot dévoyé par la langue au pouvoir, de l’arracher à l’idéologie qu’il sert et à la soumission qu’il commande pour le rendre à ce qu’il veut dire1 ». Depuis la première entrée en 2019, Peuple de Déborah Cohen, sont apparus neuf autres titres, dont Révolution de Ludivine Bantigny, École de Laurence De Cock, Démocratie de Samuel Hayat et Race de Sarah Mazouz. Le temps venu au mot « utopie », l’historien de la pensée politique Thomas Bouchet nous fait voyager avec une érudition admirable entre les nombreux usages et sens du mot depuis son apparition dans Utopia de Thomas More en 1516, se concentrant en particulier sur des débats des deux derniers siècles. À travers ce court livre, la plume de Bouchet vagabonde de façon agréablement décomplexée entre œuvres littéraires, pensées philosophiques, mouvements politiques et artistiques, publicités actuelles, dictionnaires et variations de sens – uchronie, dystopie, hétérotopie, contre-utopie… –, le sens que peut prendre ce mot dans la bouche d’un politicien « socialiste » comme Manuel Valls, ou encore des diagnostics critiques de l’utopie de la part de ceux qui déterrent des germes totalitaires sous ses rêves ou de ceux qui révèlent sa futilité pour la lutte des classes. Après une insistance introductive sur le caractère polysémique et la grande disponibilité du mot, accommodé « à toutes les sauces », Bouche</description>
      <pubDate>mer., 06 mai 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>Luc Schuiten : « Sans utopie, on n’avance pas »</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=601</link>
      <description>Ce numéro de K@iros sur « L’utopie maintenant » est l’occasion d’interroger l’architecte visionnaire bruxellois Luc Schuiten sur sa conception de l’utopie architecturale. N’avons-nous pas oublié que nous sommes avant tout des êtres biologiques installés sur une planète elle-même vivante, se demande Luc Schuiten ? Celui-ci imagine de nouveaux lieux de vie, conçus à partir de l’observation de vastes écosystèmes tels que les massifs coralliens ou les forêts primaires. Il suggère des solutions pour les transports publics et individuels de demain, propose des formes d’habitats archiborescents réalisables immédiatement, et étudie le devenir des villes de Lyon, Bruxelles, et Strasbourg à l’horizon 2100. Toutes les utopies architecturales ont-elles vocation à se matérialiser ? À quelles conditions culturelles, sociales, matérielles peuvent-elles être accomplies ? Autant de questions posées à l’invité de ce numéro par Sébastien Rouquette et Olivia Salmon-Monviola le 22 juin 2020. Luc Schuiten, quelles opinions, quelles expériences ont jalonné et guidé votre parcours d’architecture utopiste ? Luc Schuiten par lui-même en quelques dates • 1944 (janvier) : naissance à Bruxelles.• 1967 : Diplômes d’architecture de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles.• 1976 : Débuts des études de l’archiborescence : maison autonome et écologique Oréjona.• 1977 : Premier projet des habitarbres.• 1980 : Première cité archiborescente dans la bande dessinée Carapaces en collaboration avec François Sc</description>
      <pubDate>mer., 06 mai 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>L’utopie située : Expérimentation à partir d’une situation pédagogique en école d’architecture</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=560</link>
      <description>Cet article s’intéresse à la notion d’« utopie située ». En s’appuyant sur des dispositifs pédagogiques en situation de commande/demande – sur des questions de reterritorialisation agricole et/ou d’économies faibles, principalement en contexte périmétropolitain et rural – les auteurs tentent de montrer en quoi cette notion ouvre des perspectives de renouvellement des théories et pratiques de l’utopie. Après avoir défini la notion d’« utopie située » – notamment en tant que pragmatique de l’action – proche du processus de recherche-action qui vise à saisir et agir dans le même temps les situations, l’article rentre dans des dispositifs pédagogiques de projet en condition de participation. Le projet local et collectif constitue dès lors un levier pour penser une « utopie située », c’est-à-dire une utopie réalisable ici et maintenant, principalement déployée avec ceux qui sont directement concernés et en lien étroit avec les ressources locales (ressources étant entendues dans une acception très large, en lien avec des aspects sociaux, culturels, économiques, techniques, paysagers, etc.). Les auteurs, tous trois enseignants, dégagent ainsi des grands traits de cette « utopie située » en s’intéressant à voir en quoi elle permet d’interroger certains principes forts du projet architectural et urbain, et de repenser la fabrique collective de la ville et du territoire. This article examines the notion of a “situated utopia”. By relying on educational devices in an order/demand context, on questions of agricultural reterritorialization and/or weak economies, primarily in a peri-metropolitan and rural context, the authors attempt to show how this notion may create renewed perspectives for the theories and practices of utopia. After having defined the notion of « situated utopia » which draws on pragmatist approaches and action research, the article enters into educational project devices in participatory situations. This local, collective project wants to provide leverage for thoughts of a "situated utopia", which is to say an utopia achievable in the here and now, mainly deployed by people directly involved and in close connection with local resources (resources being understood in a very broad sense; aligned with social, cultural, economic, technical, landscape aspects, etc.). The authors, all three of whom are professors, thus identify the main features of this “situated utopia” by examining how it may call into question certain entrenched principles of our architectural and urban project, and help us rethink the collective fabrication of the city and the territory. </description>
      <pubDate>mar., 05 mai 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>Transhumanisme et effondrement entre utopie et idéologie</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=578</link>
      <description>Cet article étudie la dimension utopique des mouvements transhumanistes, qui prônent une amélioration technologique de l’humain, et des perspectives récemment médiatisées en France, qui essaient d’imaginer une société alternative à partir de l’imminence d’un effondrement économique et écologique généralisé. À travers le travail de Paul Ricœur sur les imaginaires sociaux, nous allons analyser les deux phénomènes, soulignant leur rapport à l’utopie et leur caractère idéologique. Notre hypothèse est que les discours sur l’effondrement proposent une rupture utopique effective avec le réel, alors que l’utopie transhumaniste risque d’en accentuer les contradictions idéologiques. L’imaginaire transhumaniste peut contribuer au maintien idéologique des équilibres socio-économiques dominants et ses aspirations manquent d’une dimension critique propre à tout discours utopique. Au contraire, la capacité de penser jusqu’au bout l’effondrement social, écologique et économique de nos sociétés pourrait représenter une première étape pour donner vie à un projet utopique dans l’ici et le maintenant, vers une société alternative. This paper compares the utopian dimension of the transhumanist movements, which advocate for a technological transformation of the human condition, with the utopian vision of those perspectives – recently popularized in France – that imagine an alternative society starting from the risk of a widespread collapse of our ways of life and production. Through the work of the French philosopher Paul Ricœur on social imaginaries, this paper looks at these two linked movements, their ideological dimension and their relationship with utopia. The main hypothesis is that the perspectives focusing on collapse could be effective in overcoming some contemporary ecological and social issues, whilst the transhumanist utopia could strengthen some of the present ideological contradictions. The transhumanist imaginary contributes in fact to preserve the dominant socio-economic balance and it lacks the critical approach that is key to utopia. On the contrary, the effort to imagine the collapse of our society could be the first step of a real utopian project, of the development of an alternative society, starting today. </description>
      <pubDate>mar., 05 mai 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>Adolescence, corps et utopie dans Fish Tank d’Andrea Arnold</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=544</link>
      <description>Cet article a pour objet de révéler les rapports entre l’adolescence et les utopies dans le film Fish Tank, de la réalisatrice britannique Andrea Arnold, en s’appuyant sur le fait que l’adolescence est une sorte « d’horizon de rêves », qui galvanise l’espoir de construire d’autres formes de vie et de pensée. Nous nous intéresserons notamment aux utopies nourries par l’héroïne du film, dont la plus importante est la danse. Dans ce sens, l’analyse tente de démontrer que le corps devient le moteur de la lutte pour s’émanciper de l’univers des adultes. Notre lecture du film tente également d’établir à quel point ces utopies aident à édifier une pensée libératrice. Même si le film n’aborde pas de manière directe le sujet des utopies, de nombreux éléments narratifs et esthétiques évoquent cette question, ainsi que l’importance de ces constructions imaginaires, pour préparer l’avenir, et pour dépasser les adversités ressenties à cet âge. This article seeks to discover the relationships between adolescence and utopias in the film Fish Tank by British director Andrea Arnold, based on the fact that adolescence is a kind of "horizon of dreams" that galvanizes the hope to build other forms of life and thought. We are particularly interested in utopias fed by heroin, the most important of which is dance. In this sense, the analysis ventures to note that the body becomes the engine of the struggle to emancipate itself from the universe of adults. Also, our reading of the film attempts to establish to what point these utopias build the bases of a thought of emancipation. Although the film does not directly address the subject of utopias, several of the narrative and aesthetic elements evoke the question of ideals in adolescence, as well as the importance of these imaginaries for the projection of the future and to overcome the adversities experienced in adolescence. </description>
      <pubDate>lun., 04 mai 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>L’utopie bucolique revisitée par l’architecture contemporaine : L’exemple du centre commercial Waves Actisud de Moulins-Les-Metz</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=506</link>
      <description>Concept flou, aux significations polyvalentes et aux contours ambigus, l’utopie évolue sans cesse. Elle a pris, dans le monde gréco-romain antique, la forme d’une « bulle » de bonheur bucolique, conçue, chez Théocrite, poète hellénistique du iiie siècle avant J.-C. et inventeur du genre, autour d’une relation triangulaire qui met le pâtre en harmonie avec ses bêtes et ses dieux, au sein d’une nature idyllique, dans un univers codé, à portée métapoétique ; puis repensée par Virgile, dont les Bucoliques, écrites dans la Rome républicaine, à la toute fin du premier siècle avant J.-C. (-37), ancrent l’utopie pastorale dans celle de l’Arcadie. Premier Open Sky Shopping Center, ouvert le 31 octobre 2014, le long de l’A31, et réalisé par la Compagnie de Phalsbourg, le complexe commercial Waves Actisud de Moulins-lès-Metz présente une intéressante mutation de cette utopie, en ce qu’il a pour objectif d’installer l’ailleurs pastoral dans l’ici mercantile du xxie siècle. Cet espace architectural contemporain joue sur les formes géométriques, le dehors et le dedans, les matières et les lumières, lesquelles sont travaillées selon les préceptes de la Light Architecture ; il constitue également une forme de réponse aux besoins de l’homme et aux problèmes de l’écologie. Sa conception est celle d’une microsociété conçue comme une « matrice » apaisante, une « bulle » de bien-être bucolique, une Arcadie du commerce au cœur d’une zone périphérique et, en cela, elle relève bien d’une forme d’utopie. Utopia is a blurred concept, multi-faceted and ever changing over time. In the Ancient Graeco-Roman world, it takes the form of a bucolic « bubble » of happiness. Theocritus, a 3rd century B.C. hellenistic poet, shapes it as a triangular relationship between the shepherd, his animals and his gods, in an idyllic nature and conceives it as a metapoetic exploration of literature; Vergilius, when he rewrites bucolic utopia, at the very end of the Republican Rome (37 B.C.), mingles it with the symbolism of Arcadia. Waves Actisud is the first Open Sky Shopping Center, opened in Moulins-lès-Metz, in october 31th, 2014, near the A31 highway. Built by the Phalsbourg Company, it plays upon bucolic utopia, reviving pastoral realities in the mercantile present of the 21th century. This contemporary architectural space works on geometric shapes, the outside and the inside, the light – as recommended by the Light Architecture –, while focusing on human needs and thinking of ecological problems. It was conceived as a soothing “matrix”, a “bubble” of bucolic welfare, and a commercial Arcadia in an urban peripheral zone. In that, it has some characteristics of a Utopia. </description>
      <pubDate>mer., 29 avril 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>Le quartier de Castro à San Francisco comme utopie contemporaine : « Somewhere over the rainbow1 »</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=520</link>
      <description>À la recherche d’une utopie sur un lieu réel dans laquelle des groupes marginalisés par la société recréent un espace, cet article propose une analyse du quartier de Castro à San Francisco. Ce quartier habité par des minorités sexuelles est l’exemple non seulement d’un contre-espace utopique, mais aussi d’une identité construite dans un espace urbain, celle de la communauté LGBTQ+ internationale. Dans un premier temps, une micro-histoire de Castro et de l’imaginaire du quartier à travers les images, les narrations, les paroles, tout ce qui concerne le visuel et le discursif montreront, l’infrapolitique, la structure invisible de cette résistance. Dans un deuxième temps, les promesses et les conditions du quartier seront examinées afin de discuter l’accessibilité et la crédibilité de cette utopie. Partant du concept des hétérotopies de Foucault, le principe d’« ouverture-fermeture » de cet espace utopique sera mis en question grâce à des témoignages des habitants actuels lors de la San Francisco Pride de 2019. Cette analyse de l’histoire, la structure et la sémiologie du quartier et de son rapport au monde extérieur permettra d’interroger la possibilité d’une utopie réalisable ou réalisée dans le monde actuel. In search of a utopia in a real place, in which groups marginalized by society recreate a space, this article offers an analysis of the Castro neighborhood in San Francisco. This neighborhood inhabited by sexual minorities is an example not only of a utopian counter-space, but also of a resident identity based on an urban space, of an international LGBTQ+ community. First, a micro-history of Castro and the imaginary construction of the neighborhood through images, narratives, words, everything visual and discursive will show, the infrapolitics, the invisible structure of this resistance. In a second phase, the promises and conditions of the neighborhood will be examined in order to discuss the accessibility and credibility of this utopia. Based on Foucault’s concept of heterotopias, the principle of "a system of opening and closing" of this utopian space will be questioned through testimonies of the current inhabitants during the San Francisco Pride of 2019. This analysis of the history, structure and semiology of the neighborhood and its relationship to the outside world will allow us to question the possibility of a utopia that is feasible or achieved in today’s world. </description>
      <pubDate>mer., 29 avril 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>« On vit dans une utopie ; ce n’est juste pas la nôtre1. » De More à Miéville : activisme, spatialité et métamorphose du registre utopique</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=533</link>
      <description>Depuis les années 1960, il est plus courant de critiquer que de faire les louanges de l’approche utopique. « Aujourd’hui le mot “utopie” ne sonne pas bien », dit le modérateur Horst Krüger en 1964 en ouvrant un débat entre Ernst Bloch et Theodor Adorno. Vingt ans plus tard, l’historien d’art Robert Hughes va même plus loin en affirmant que le xxe siècle abonde d’utopies qui « furent dessinées, conçues, débattues et parfois même construites, et [que] ce processus nous a montré que les villes idéales ne fonctionnent pas. […] À l’instar des plantes, nous avons besoin de la merde des autres comme nutriment ». Cependant, après des décennies de rejet, le registre semble renaître sous la plume de certains écrivains comme China Miéville – quoique sous une forme métamorphosée nommée « fantaisie radicale ». Ce genre est considéré par certains comme le descendant direct de l’utopie, ayant comme point focal la posture du militant en quête d’une justice sociale progressiste et de l’égalité économique, mais considérant le futur comme un sujet indéterminé et imprévisible. Cet article profite de cette renaissance apparente afin d’essayer de comprendre l’obsession séculaire que nous avons pour ce registre. Nous explorerons quelques pistes dans la neurobiologie tracées par Michael Gazzaniga, puis certains travaux de sociologie des mouvements sociaux conduits par Francesca Polletta, afin d’esquisser une relation entre la narration, la constitution et la mobilisation des acteurs collectifs. La théorie critique de la science-fiction formulée par l’académicien croato-canadien Darko Suvin, nous permettra d’expliciter le mécanisme du registre utopique, et de révéler comment ce dispositif rhétorique arrive parfois à persuader le lecteur qu’une image est ou devrait être vraie. Ce travail théorique sera mis en relation avec deux exemples iconiques d’utopies du début du xxe siècle, d’un côté le manifeste d’architecture futuriste – né en 1914 du mélange des lignes d’Antonio Sant’Elia et des mots de F. T. Marinetti – et de l’autre, les éloges à l’architecture de verre de l’écrivain expressionniste Paul Scheerbart et de l’architecte Bruno Taut. En mettant en parallèle ces ouvrages et projets historiques avec le roman récent The City &amp; The City (2009) de l’écrivain anglais China Miéville – exemple fort de fantaisie radicale – nous allons observer les continuités et discontinuités que cette métamorphose contemporaine a engendrées sur ce registre historique.  Since the 1960s, it is more common to encounter criticism rather than praise for utopian ideas. In 1964, while moderating a debate between Ernst Bloch et Theodor Adorno, Horst Krüger stated that « [today] the word ‘utopia’ does not have a good sound to it ». Twenty years later, art historian Robert Hughes goes even further by saying that the xxth century was full of utopian propositions: « drawn, designed, sometimes even built, and in the process it was shown that ideal cities don’t work […]. It seems that like plants we do need the shit of others for nutriments ». However, after decades of rejection, in the work of some writers like China Miéville this mode is being reborn, albeit in a modified form often called « radical fantasy ». Considered by some as the direct descendant of utopia, it similarly puts front and center the figure of the activist searching for progressive social justice and economic equality, but treats the future as an indeterminate and unpredictable topic. This article takes advantage of this apparent resurrection and interest, in order to attempt to decipher our seemingly secular obsession for this shape-shifting genre. Our investigation will briefly summon Michael Gazzaniga’s research in neurobiology, followed by the works of Francesca Polletta in the sociology of social movements field, in order to draw a direct relationship between the act of storytelling and the birth and rise of new collective actors. The critical theory of science-fiction, formulated by the croato-canadian researcher Darko Suvin will allow us to dig deeper into the inner mechanisms of utopia, and to show how this rhetoric device sometimes manages to persuade its audience that its dream-like imagery either is or it should be real. This theoretical framework will be accompanied by two case studies, two utopian examples dating to the beginning of the XXth century: on one hand we will delve into the belligerent manifest of futurist architecture – born in 1914 from F. T. Marinetti’s words and Antonio Sant’Elia’s lines – and on the other, into the vulnerable and pacifist glass worlds imagined by the expressionist writer Paul Scheerbart and architect Bruno Taut. By putting these historic works in parallel with Miéville’s contemporary novel The City &amp; The City (2009) – a reference point in radical fantasy – we aim to unveil the continuities and discontinuities between our historic understanding of the utopian mode and this new contemporary form. </description>
      <pubDate>mer., 29 avril 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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      <title>Introduction</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/kairos/index.php?id=502</link>
      <description>Utopie ! Existe-t-il un mot qui possède à la fois un pouvoir évocateur aussi fort et une capacité à générer autant d’ambiguïté ? Le collectif1 qui a pris en charge la coordination de ce numéro avait déjà pris un risque en proposant une réflexion sur le thème de la matérialisation de l’utopie. Ce travail collaboratif et pluridisciplinaire a conduit à l’édition de l’ouvrage collectif Matérialiser l’utopie portée par une question récurrente : comment procéder lorsque l’on veut opérer une rupture dans l’existant ? Face à cette interrogation, trois postures ont été proposées : la première s’appuie sur une « image souhait » – par essence immatérielle – pour guider une intervention dans le « réel » ; la deuxième, à l’opposé de la première, s’appuie sur une immersion dans le réel pour y trouver des sources de transformation ; la troisième opte pour une posture intermédiaire en considérant la rupture dans l’existant à la fois comme un acte dynamique contingent et ancré comme un vecteur de modification influencé par un imaginaire providentiel. Figure 1 : De l’ambivalence des utopies face à la matérialisation  Étienne-Louis Boullée, Vue de la nouvelle salle projetée pour l’agrandissement de la bibliothèque du roi, 1785, Gallica BnF. Rencontres Art &amp; Écologie #3 « Les territoires des autres » à Saint-Setiers, 2012, La Pommerie, atelier pratique « Internet/Anonymat #3 » par Collectif RyBN et Upgrade! Paris. Yona Friedman –Dessin –Encre et Feutre – Référence : Img 745 –Archives, Dessins 19</description>
      <pubDate>mar., 28 avril 2026 00:00:00 +0200</pubDate>
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