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    <title>humanité</title>
    <link>http://revues-msh.uca.fr/sociopoetiques/index.php?id=1896</link>
    <description>Entrées d’index</description>
    <language>fr</language>
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      <title>La Peste relue à l’heure du Covid-19. Comment le pessimisme de Camus aurait-il appréhendé notre après-pandémie ?</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/sociopoetiques/index.php?id=2340</link>
      <description>Quand le langage commun parle de « la marche de l’histoire », il appréhende en perspective l’image d’une échelle graduée tendue entre un point de départ et un point d’arrivée. Il est d’ailleurs apparent que le narratif de l’histoire enseignée emprunte ce modèle typique du récit racontant propre à la tradition aristotélicienne. Aussi se forment une dissonance cognitive chaque fois que des bornes du passé se retrouvent sur l’autoroute du présent, et un écart esthétique chaque fois que la linéarité d’un récit se désagrège. La Peste de Camus s’inscrit dans ce double écart, d’une part en confrontant une ville aux vieux démons de l’humanité – que la toute puissante médecine avait, semble-t-il, exorcisés –, d’autre part en refusant la si rassurante et bonne vieille conclusion de la dernière page, laissant, au contraire, le doute planer sur la mort des esprits maléfiques. La pandémie de Covid-19 s’est installée en déclenchant une vraie fièvre de relecture dudit roman, non pas seulement du fait de la coïncidence quasi prémonitoire entre certains de ses notables passages et des situations qui sont devenues les images fondamentales du monde confiné. Il y a aussi des choix esthétiques définis qui ont beaucoup influé sur le traitement de la matière par une mise en perspective originale rendant le texte ouvert à plusieurs virtualités connotatives, parmi lesquelles le profond pessimisme de Camus devant les peuples qui oublient les virus. When common parlance speaks of « the march of history », it apprehends in perspective the image of a graduated ladder stretched between a point of departure and a point of arrival. In fact, it’s clear that the narrative of taught history borrows from the typical model of the telling story in the Aristotelian tradition. Cognitive dissonance thus arises whenever milestones from the past find their way onto the highway of the present, and aesthetic deviation whenever the linearity of a narrative breaks down. Camus’s La Peste is part of this double gap, on the one hand by confronting a city with the old demons of humanity – which the all-powerful medicine had, it seems, exorcised – and on the other by refusing the reassuring, good old-fashioned conclusion on the last page, leaving, on the contrary, doubt as to the death of the evil spirits. The COVID-19 pandemic took hold, triggering a veritable fever for rereading the novel, not only because of the almost premonitory coincidence between some of its notable passages and situations that have become the fundamental images of the confined world. There are also definite aesthetic choices that have had a major influence on the treatment of the material, with an original perspective that makes the text open to a number of connotative virtualities, including Camus’s profound pessimism in the face of peoples who forget viruses. </description>
      <pubDate>mar., 16 sept. 2025 14:43:04 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>lun., 29 sept. 2025 15:35:43 +0200</lastBuildDate>
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      <title>Être apiculteur dans le Donbass : Les Abeilles grises d’Andreï Kourkov</title>
      <link>http://revues-msh.uca.fr/sociopoetiques/index.php?id=1892</link>
      <description>Dans Les Abeilles grises, roman paru début février 2022 chez Liana Levi, Kourkov brosse le portrait d’un homme ordinaire, Sergueï Sergeyich, fonctionnaire handicapé à la retraite, quitté par sa femme et entièrement dévoué à ses abeilles, qui donnent sens à sa vie : pour veiller sur ses ruches, il reste dans la « zone grise », no man’s land entre armée ukrainienne et séparatistes pro-russes, où il mène une vie précaire, sans électricité, ponctuée par les bombardements. Le roman se déroule en deux grands volets, de février à août, au rythme de la guerre et de l’activité des abeilles : elles hibernent d’abord en zone grise puis, la belle saison venue, en Crimée où le protagoniste les installe chez un collègue apiculteur tatar. S’il n’est pas rare de mettre en scène une figure d’apiculteur en temps de guerre, pour souligner le contraste entre la vie de la ruche et la folie des hommes, le personnage de Sergeyich mérite attention. Candide confronté à la violence et à l’absurde, ce héros tendre et solitaire est un cœur pur qui traverse les événements sans perdre son humanité. Le roman adopte son point de vue, et fait partager ses souvenirs, ses rêves, ses interrogations et son empathie pour les plus faibles lors des péripéties, parfois tragi-comiques, qui jalonnent son parcours. Les réflexions de celui qui est le plus souvent désigné comme l’apiculteur, attestent la mise en relation récurrente des abeilles et des hommes, au profit des premières. In Les Abeilles grises (The Grey Bees), a novel published at the beginning of February 2022 by Liana Levi, Kourkov paints the portrait of an ordinary man, Sergueï Sergeyich, a disabled retired civil servant, left by his wife and entirely devoted to his bees, which give meaning to his life: to look after his hives, he stays in the &quot;grey zone&quot;, a no-man’s-land between the Ukrainian army and the pro-Russian separatists, where he leads a precarious life, without electricity, punctuated by bombardments. The novel unfolds in two main parts, from February to August, to the rhythm of the war and the activity of the bees: first they hibernate in the grey zone and then, when the summer comes, in Crimea, where the protagonist moves them in with a fellow Tatar beekeeper. While it is not unusual to depict a beekeeper in wartime, to highlight the contrast between the life of the beehive and the madness of man, the character of Sergeyich deserves attention. A simpleton confronted with violence and absurdity, this tender, solitary hero is a pure heart who gets through events without losing his humanity. The novel takes his point of view, sharing his memories, his dreams, his questions and his empathy for the weakest in the events along the way, sometimes tragicomic. The thoughts of the man who is most often referred to as the beekeeper bear witness to the recurring relationship between bees and humans, to the benefit of the former. </description>
      <pubDate>mar., 26 sept. 2023 10:59:32 +0200</pubDate>
      <lastBuildDate>jeu., 19 oct. 2023 11:38:16 +0200</lastBuildDate>
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