Le voyage de Théophile Gautier en Égypte ou les leçons d’un « accident de parcours »

Théophile Gautier in Egypt ; Or, How to Draw Lessons from a ‘Mishap’

DOI : 10.52497/viatica1611

Résumés

Résumé : Invité du ministre des Affaires étrangères égyptien, Théophile Gautier s’embarque à Marseille le 9 octobre 1869 en compagnie de toute une délégation française pour aller assister à l’inauguration solennelle du canal de Suez sous la présidence de l’impératrice Eugénie et du khédive Ismaïl d’Égypte. Les lecteurs du Journal officiel attendent avec impatience le compte rendu que l’écrivain voyageur leur proposera de l’événement, prévu le 17 novembre.
Un événement imprévu va toutefois remettre en cause à la fois le voyage et son récit : dès le premier soir de la navigation, Gautier glisse sur l’escalier d’une passerelle et se luxe l’épaule… Voilà le projet mal engagé : les excursions au Caire et en Haute Égypte sont remises sine die
Cet ultime périple de Gautier va donc se solder par un repos forcé et prolongé à l’hôtel Sheppeard du Caire, mais les contraintes qu’il induit pour les objectifs du voyageur vont se transformer en autant de « gênes exquises » particulièrement intéressantes aux yeux de qui s’intéresse à la problématique des « voyages inaboutis ». Gautier va en effet devoir pallier en premier lieu le principal motif de tout voyage : le déplacement, interdit au grand blessé qu’il est de facto dans une contrée aux infrastructures encore très rudimentaires. Dès lors, il fait en sorte que l’Égypte vienne à sa rencontre puisqu’il ne peut aller à elle : il transforme sa chambre d’hôtel en une sorte de « fenêtre ouverte sur le monde » qui l’autorise à profiter quoi qu’il en soit du spectacle que la réalité orientale lui offre. Autre stratégie mise en place par Gautier : transformer une scène banale en un tableau inédit, capable de surpasser en étrangeté les réalités de l’ailleurs égyptien, déjà maintes fois représenté par les peintres orientalistes. Quel plus beau témoignage de son talent pour l’écrivain au sommet de son art ?
Un dernier point mérite de retenir l’attention : le fait que Gautier ose proposer à son public un récit de voyage inachevé, puisque six feuilletons seront en tout et pour tout publiés dans le Journal officiel, et il y manque même le compte rendu de l’inauguration programmée, à laquelle il a finalement pu assister après avoir repris quelques forces. Désinvolture ? Refus de s’engager dans la promotion d’un régime alors sur le déclin ? Il conviendra également de s’interroger sur le sens de cette lacune et plus globalement, sur celui de ce voyage involontairement inabouti, mais dont le récit paradoxal l’est tout autant, et cette fois de l’aveu même de l’auteur.

Abstract: Invited by the Egyptian Minister for Foreign Affairs, Théophile Gautier embarks in Marseille on 9 October 1869 with a large French delegation to attend the solemn inauguration of the Suez Canal in the presence of Empress Eugénie and Khedive Ismail. The readers of the Journal officiel are looking forward to a detailed account of the ceremony – scheduled on 17 November – from their preferred traveller and writer.
Nevertheless, an unforeseen event will question both the travel and its account : on the first sailing night, Gautier slips in a staircase and dislocates his shoulder… The project is going bad, and the tours in Cairo and Upper Egypt must be abandoned.
Gautier’s last travel will thus end in a forced and prolonged rest in Shepheard’s Hotel, Cairo, but the constraints it provokes are very interesting for who is looking for unfinished travels. He will have to compensate the main reason of a trip : movement, which is forbidden to an injured man in a country with yet very poor infrastructures. He will therefore ensure that Egypt comes to him, as he cannot go toward it: he changes his hotel room into a kind of “window open to the world”, which, in any event, allows him to enjoy the Oriental show. Another Gautier’s strategy: to change a trivial scene into an unrecorded painting, whose strangeness may exceed the local realities, already shown by the Orientalist painters, so to be the finest way of demonstrating his ability for a writer at the height of his artistic powers.
A last point may deserve our attention: Gautier will dare to offer an unfinished travelogue to his readers, since only six papers will published in the Journal officiel. Even the report of the inauguration is missing, whereas he could attend it after having built up his strength. Has he been casual? Did he refuse to commit to promoting the declining Second Empire? We must consider the meaning of this gap and, largely, of this unwittingly unfinished travel as of its paradoxical account, whose non-completion is, by contrast, due to its author.

Index

Mots-clés

Gautier (Théophile), Égypte, récit de voyage, accident, orientalisme.

Keywords

Gautier (Théophile), Egypt, travelogue, accident, Orientalism.

Plan

Texte

Si l’on fait exception des Tableaux de siège (1871), succession de petites excursions dans Paris assiégé par les Prussiens et qui se situent par là même aux limites du genre viatique, le voyage de Gautier en Égypte est le dernier des périples accomplis par cet infatigable arpenteur de l’Europe et des pays méditerranéens : la dégradation de la situation politique en France, suivie de celle, rapide, de son état de santé, l’empêchera par la suite de succomber à sa dévorante « apodémalgie », qui l’aura poursuivi sa vie durant. Or ce voyage est manqué et incomplet à plus d’un titre : bien sûr, certaines des expéditions de Gautier ont connu des entraves, certains de ses récits sont inaboutis ou lacunaires1, tandis que d’autres n’ont pas été publiés en volume de son vivant2. Mais seul son périple égyptien réunit tous ces inconvénients : voyage en partie empêché, récit inachevé, réunion en volume autonome réalisée plus d’un siècle après la mort de leur auteur3.

Un voyage rêvé

Ce voyage, Gautier l’avait pourtant désiré, et il en rêvait depuis longtemps4. Le déclic de ce « désir d’Égypte » remonterait, à ses dires, au salon de 1834, où était exposée la toile de Prosper Marilhat intitulée La Place de l’Esbekieh5. Dans la notice nécrologique qu’il consacre au peintre en 1848, le critique, qui fut l’ami de ce dernier, revient sur l’impression qu’il dit avoir retirée de cette contemplation :

Aucun tableau ne fit sur moi une impression plus profonde et plus longtemps vibrante. J’aurais peur d’être taxé d’exagération en disant que la vue de cette peinture me rendit malade et m’inspira la nostalgie de l’Orient, où je n’avais jamais mis le pied. Je crus que je venais de connaître ma véritable patrie, et, lorsque je détournais les yeux de l’ardente peinture, je me sentais exilé […]6.

Ici se trouverait l’origine de cette nostalgie paradoxale d’un univers oriental qu’il ignore et qu’il perçoit par le seul prisme de l’art, si présente dans l’œuvre de Gautier et qui le conduira en Espagne puis en Algérie. À la lecture du compte rendu qu’il donna sur le moment du dit salon, on pourrait arguer qu’il s’agit d’une construction a posteriori :

Son paysage à l’huile nous paraît pécher par la lourdeur et la crudité du ton. – Cela peut être vrai ; mais cela n’en a pas l’air ; il faudrait aller en Égypte pour être juge compétent. – Nous irons7.

Il n’empêche : si la peinture est critiquée, le désir d’aller vérifier sur place la vérité de celle-ci est déjà bien présent.

Innombrables sont à partir de ce moment, dans l’œuvre de Gautier, les références à l’Égypte ou sa mise en scène, dans les genres les plus variés : critique d’art, littéraire et dramatique8, comptes rendus d’exposition9, poésie10, fiction narrative11. La ville du Caire constitue même le décor de l’acte II de La Péri, ballet dont il a écrit le livret et qui est représenté à l’Académie royale de musique le 17 juillet 184312. Voici la description qu’il en donne à son ami Nerval, qui séjourne alors sur place et qu’il invite à revenir bien vite voir le spectacle :

Au second acte, quand le rideau se lève du haut de la terrasse, tu verras le Caire à vol d’oiseau, et tu ne voudras jamais croire que MM. Philastre et Cambon [décorateurs de théâtre] n’ont pas été en Égypte […] rien n’y manque, c’est un panorama complet. Je ne sais trop ce que j’aurais vu de plus en allant là-bas moi-même13.

Et pourtant revient toujours la même « nostalgie de l’Orient », le même désir d’aller en Égypte, comme l’atteste un autre passage de la même lettre :

J’aurais bien voulu t’aller rejoindre là-bas, comme je te l’avais promis ; tu n’as pas de peine à le croire, j’aimerais mieux me promener en devisant avec toi au bord du Nil, dans les jardins de Schoubra, ou gravir la montagne de Mokattam d’où la vue est si belle […].
On n’est pas toujours du pays qui vous a vu naître, et alors, on cherche à travers tout sa vraie patrie ; ceux qui sont faits de la sorte se sentent exilés dans leur ville, étrangers dans leur foyer, et tourmentés de nostalgies diverses […] moi je suis Turc, non de Constantinople, mais d’Égypte. Il me semble que j’ai vécu en Orient […]14.

Nerval aura beau l’en dissuader, lui que la réalité cairote a tant déçu15, Gautier restera la proie de cette irrésistible attraction, surtout lorsque Du Camp viendra jouer les démons tentateurs pendant le voyage qu’il réalise avec Flaubert en Égypte :

Quand donc ferez-vous votre paquet pour venir flaner [sic] quelque peu dans ces solitudes au pays du soleil ? Plus je les vois, plus je les parcours et plus je regrette que vous ne les connaissiez pas ; vous etes [sic] cependant un de ceux pour lesquels ils [sic] ont été faits et je crois qu’en ne venant pas les visiter, vous manquez à votre destinée et à tous vos instincts ; en outre ces pays-là ont besoin d’un livre, et qui pourra le faire, si ce n’est vous16 !

La réponse de Gautier ne surprendra pas : il se dit « bassement jaloux d[u] bonheur » de Du Camp, au point d’« envie[r] le sort de [son] domestique17 ». Mais il lui faudra attendre encore près de vingt ans la réalisation de son rêve.

Un voyage entravé

L’occasion tant espérée arrive enfin, sous la forme d’une invitation très officielle de Nubar Pacha, ministre des Affaires étrangères égyptien, à faire partie de la délégation française qui doit assister à l’inauguration solennelle du canal de Suez, le 17 novembre 1869, en présence de l’impératrice Eugénie, du khédive Ismaïl d’Égypte et de plusieurs têtes couronnées18. Outre Ferdinand de Lesseps, promoteur du projet, différentes personnalités prestigieuses composent cette délégation : le diplomate Charles Taglioni, l’historien de l’art Charles Blanc, le peintre et écrivain Eugène Fromentin, Louise Colet et Florian Pharaon, en leur qualité respective de correspondants du journal Le Siècle et de la revue La France19, Auguste Marc, directeur de L’Illustration, et quelques savants renommés, dont les médecins Paul Broca et Émile Isambert. Gautier a par ailleurs reçu mandat du Journal officiel pour rendre compte du voyage et de la cérémonie.

Il s’embarque donc à Marseille le 9 octobre sur le paquebot Moeris, en compagnie des autres membres de la délégation française20, mais le voyage tant attendu se place d’emblée sous de mauvais auspices pour un Gautier déjà superstitieux et, dans la circonstance, assailli de pressentiments funestes. Le début du récit qu’il en donne fait état de « toutes sortes de micro-événements » qui deviennent autant d’« indices du malheur à venir : départ un vendredi, oubli d’objets protecteurs, […] étrange regard d’une passagère, dans le train menant à Marseille, […] convoi de pénitents cagoulés21 ». Une conversation avec son vieux complice Camille Rogier, juste avant que le bateau ne lève l’ancre, paraît confirmer ces sombres présages22. On croirait volontiers à une sorte de mise en scène rhétorique a posteriori destinée à préparer le lecteur à voir advenir – et, partant, à excuser par avance – le fâcheux accident qui va entraver le bon déroulement du périple et de son récit si la correspondance ne venait ajouter foi à la relation du voyage. On peut certes tenir pour négligeables la demande à Carlotta Grisi, la dame de ses pensées, d’une lettre en guise de « talisman de bonheur », tout comme les rodomontades presque trop rassurantes adressées à sa famille le jour du départ23, mais on sera plus troublé par le mot que lui envoie Rogier après avoir appris l’accident (dont on détaillera les circonstances dans un instant) : « […] tes pressentiments de la dernière heure se sont tristement réalisés24. » À lire la suite de la correspondance, tout laisse à penser que Gautier redoutait ce voyage, à l’égard duquel il disait à la princesse Mathilde, sa confidente et bienfaitrice, « éprouv[er] une secrète répugnance [qu’il a] eu bien tort de ne pas écouter25 ». Au premier soir de la navigation, tandis que ressurgissent les vieilles peurs qui ont marqué chacun de ses départs vers des horizons plus ou moins lointains26, c’est d’ailleurs une bien triste figure que le poète, éprouvé par le travail intense qu’il a dû fournir avant de quitter Paris27, présente à ses compagnons de voyage :

[…] Théophile Gautier, affaissé sur un tas de coussins, était d’une pâleur morbide ; au gonflement des paupières et à la boursouflure des traits, on eût dit un masque de cire ; il n’écrivait point, il ne parlait pas, et ses lèvres semblaient ne plus avoir la force de tenir son cigare ; tout à coup il se leva sans se plaindre, et, avec cette marche lente et cette sobriété de mouvement qui le caractérisaient, il marcha vers l’escalier conduisant aux cabines. « Je vais dormir, » dit-il en passant près de quelques amis28.

C’est alors que se produit l’événement qui va remettre en cause à la fois le voyage et son récit : une houle assez violente vient de se lever dans le golfe de Gênes29 et, en regagnant sa cabine, Gautier glisse sur l’escalier d’une passerelle. Il se luxe l’épaule gauche, avec en prime une fêlure de l’humérus, donnant ainsi corps à son pressentiment : « […] nous avions payé notre dette au sort jaloux30 ! ». Le poète est immédiatement pris en charge par trois médecins, tandis que le directeur de L’Illustration lui vient en aide – il lui servira d’ailleurs de nurse tout au long du voyage31. Il n’en reste pas moins que le projet viatique se trouve désormais mal engagé32, même si est évité de justesse un débarquement impromptu en Sicile qui l’eût définitivement compromis33 : les excursions au Caire et en Haute Égypte sont remises à des jours meilleurs34, qui n’arriveront jamais, puisque l’auteur mourra trois ans plus tard sans avoir retraversé la Méditerranée. Cet ultime périple de Gautier, qu’il accomplit malgré tout jusqu’au bout, va donc se solder par un repos forcé et prolongé à l’hôtel Sheppeard du Caire35.

Un voyage immobile

Les contraintes que cet accident de parcours et ses conséquences imposent aux objectifs du voyageur, en matière narrative en particulier, vont se transformer en autant de « gênes exquises » particulièrement intéressantes pour qui s’intéresse à la problématique des « voyages inaboutis ». D’abord, parce qu’il faut à Gautier faire une entorse au sacro-saint principe d’effacement de sa personnalité qui marque la plupart des récits de ses pérégrinations : les journaux ayant déjà fait état de sa chute et de sa blessure, et même s’il ne s’étend guère sur leurs circonstances dans le récit proprement dit, il est bien obligé de livrer au public « ces détails purement personnels » dans un contexte viatique où, selon sa poétique intime, « rien n’est plus insupportable que le moi » – son idéal en voyage étant de se « rédui[re] autant que possible à n’être qu’un œil détaché comme l’œil d’Osiris sur les cartonnages de momie36 ».

Or cette immobilité forcée va précisément aider cet idéal à se mettre en place dans le récit égyptien. Gautier tourne en effet la mauvaise fortune en avantage en palliant le principal motif de tout voyage : le déplacement, interdit au grand blessé qu’il est, surtout dans une contrée aux infrastructures encore rudimentaires37. La traversée maritime jusqu’à Alexandrie suivie du trajet en chemin de fer vers Le Caire lui fournit l’occasion de réaliser son rêve en matière viatique : voir défiler le monde devant son regard,

sous l’angle d’incidence de la route […] comme, au Cosmorama, on regarde défiler devant soi une longue bandelette peinte vous menant de Liverpool à San-Francisco, avec cette différence qu’ici le spectateur chemine et que le spectacle reste immobile38.

En réalité, c’est ici le moyen de locomotion emprunté par le spectateur qui « chemine », ce dernier étant affligé de la même immobilité que le spectacle qu’il contemple : plaisir dédoublé, en quelque sorte. Ce rêve, il l’avait jadis esquissé en diligence dans le nord de la France, en chemin de fer entre Bruxelles et Anvers, ou en bateau à vapeur sur le Guadalquivir et le Rhône39, mais, dans le cas précis, il se trouve entièrement débarrassé des servitudes imposées au voyageur ! Confortablement installé sur le pont du Moeris, « dans un de ces fauteuils articulés qui se déploient comme des chaises longues40 », il peut contempler tout à loisir, et « à grand renfort de lorgnettes41 », la mer, les bouches de Bonifacio, les côtes de Sicile et celles d’Égypte, ou encore le spectacle pittoresque offert par les ports de Messine et d’Alexandrie42. Une fois débarqué, il profite du trajet qui le conduit du paquebot à l’hôtel d’Angleterre pour « saisi[r] au vol » – et « [a]vec quelle avidité » ! – « le moindre détail caractéristique », en dépit du fait qu’« Alexandrie n’est pas une ville purement orientale » : moucharabiehs, palmiers-dattiers, femmes voilées « comme un domino », « âniers demi-nus » et les inévitables chameaux43.

Le voyage en chemin de fer jusqu’au Caire est tout aussi riche en spectacles vus « au galop de la locomotive44 ». Au sortir d’Alexandrie, un aqueduc monumentalise le paysage, qui passe tout à coup de « l’aridité absolue » du bord de mer ou du désert à la « fertilité exubérante » du delta, « vaste plaine brune » dont la couleur uniforme se répand sur tout, hommes, bêtes et choses45. La fusion de l’eau et du ciel sur le lac Mariout, la vision d’un village fellah ou d’une famille cheminant avec un âne transportent le voyageur en imagination vers des tableaux tour à tour hollandais ou italiens, bibliques ou orientalistes46, tout comme l’apparition du Nil, « spectacle magique » à ses « yeux émerveillés », le ramène à une statue du Louvre, « [p]ar une de ces impressions plastiques involontaires qui dominent l’imagination » – quand bien même le fleuve en pleine crue ressemblerait plutôt à « un fleuve de terre47 ». C’est toutefois « l’animation qui règne dans la campagne » qui correspond le mieux au nouveau modus viandi inauguré nolens volens par un Gautier au bras en écharpe car elle se présente à ses yeux sous la forme de « types […] qui s’encadrent tour à tour dans le carreau du wagon comme un passe-partout dont on renouvellerait incessamment les gravures ou les aquarelles48. »

Mais advient inévitablement le moment où le malheureux blessé ne pourra plus bénéficier de ce « diorama sur nature » ni poursuivre le voyage en compagnie du reste de la délégation, ni même explorer Le Caire, quelle que soit son envie de se « lancer à travers ce dédale de rues pittoresques, où fourmillait une foule bigarrée » : « deux ou trois jours de repos absolu » à l’hôtel s’imposent à lui. Qu’à cela ne tienne : « Nous pensâmes que Le Caire viendrait à nous si nous ne pouvions aller à lui49 ». Comme il l’avait déjà fait à Alexandrie où, privé d’une visite de la ville, il s’était installé devant la « large fenêtre » de sa chambre d’hôtel donnant sur la baie pour contempler la manœuvre de « quelques barques à voile » et « le bleu glauque de la mer50 », il va choisir une position favorable pour observer la réalité cairote. Outre « une belle chambre […] dont la fenêtre donnait sur la place de l’Esbekieh », qui l’avait tant fait rêver trente-cinq ans auparavant, l’hôtel Sheppeard, où il est logé, lui offre en effet une « espèce de terrasse recouverte d’une verandah et garnie de chaises et de canapés51 ». Fidèle, en dépit de son handicap, à la mission de « daguerréotype littéraire52 » qu’il s’est assignée depuis le début de sa carrière de voyageur, Gautier va faire de cette sorte de « fenêtre ouverte sur le monde » « le meilleur poste d’observation qu’on pût choisir53 » pour profiter quoi qu’il en soit du spectacle offert à ses yeux par la réalité orientale et le donner à voir à son lectorat. C’est toute l’Égypte qui, de fait, semble défiler54 du matin au soir55 devant ses yeux de voyageur sinon immobile, du moins immobilisé : ânes, buffles et chameaux aux attelages divers et aux harnais chamarrés56, singes accompagnant les psylles57, drogmans, marchands, domestiques, employés ou militaires, portant les costumes et les coiffures les plus variés58, femmes voilées ou non59, cavaliers et piétons qui lui donnent l’impression de voir passer un tableau de Decamps60. Comme il en fait la confidence à Carlotta Grisi, « [i]l y a dans la rue un perpétuel bal masqué et l’on rencontre à chaque pas les types les plus étranges61. »

Un voyage repensé

C’est précisément là que le bât blesse : l’Égypte colorée que décrit Gautier depuis la fenêtre du train ou de ses chambres d’hôtel n’est qu’une collection de stéréotypes déjà mille fois représentés par les peintres ou les voyageurs qui l’ont précédé. Quel que soit son acharnement à trouver la juste formule pour caractériser ce qu’il voit62, il se heurte à ce qu’ont écrit ou dessiné avant lui les Du Camp63, Fromentin, Decamps, Gérôme et autres Marilhat. Un voyage vers le sud lui eût à la rigueur permis de rapporter quelques vues plus originales, mais son immobilisation forcée ne l’autorise pas à dresser à propos de l’Égypte un autre constat que celui que ses prédécesseurs avaient établi : la « déperdition de l’authentique », selon la belle formule de Paolo Tortonese64. Alexandrie l’indispose quelque peu avec ses « belles maisons » de « style italien-oriental », aux « formes maladroitement européennes65 », mais ce n’est rien à côté de la déception que lui procure la place de l’Esbekieh au Caire, transformé en « square à l’européenne, divisé par de larges voies en compartiments réguliers […] qu’on espère vendre pour y bâtir des maisons à peu près comme dans le parc Monceaux66 » et qui renvoie, la nuit, des échos de café-concert67. Les ciels égyptiens lui évoquent plutôt ceux de Normandie que ceux des tableaux de Marilhat68, et les Cairotes paraissent savoir mieux que d’autres monnayer leurs débauches de couleur locale en échange d’un bon « bacchich69 ». Quant aux hôtels anglais qui accueillent les délégations officielles, ce n’est pas eux, on s’en doute, qui vont offrir la moindre trace d’exotisme au voyageur soucieux de se dépayser : foin d’« esclave au teint basané en turban blanc et en robe rose » apportant « une de ces fameuses tartes au poivre, si appétissantes dans les Mille et Une Nuits » !

Le service était fait par une nuée de domestiques polyglottes en habit noir, cravate blanche et gants blancs, correctement frisés, et qui n’auraient pas été déplacés à l’hôtel du Louvre. La chère ressemblait à celle des grands établissements de ce genre, et rien ne nous avertissait que l’on était au Caire70.

Gautier ne se gêne d’ailleurs pas pour détailler les repas et autres collations qu’il partage avec ses compagnons de voyage71, mais le butin reste maigre et d’un intérêt limité pour les lecteurs du Journal officiel. C’est peut-être ce qui l’amène à inaugurer une stratégie nouvelle en matière narrative, d’une audace dont il fera encore usage dans les Tableaux de siège : si le voyage en Égypte ne lui fournit pas tout l’exotisme voulu, il ira le chercher là où on ne l’attend pas… autrement dit au sein de la délégation officielle. Quelques exemples suffiront pour en convaincre. Le spectacle de l’immensité maritime ne lui fournit « pas beaucoup de sujets de description72 » ? Il s’amuse à les prendre chez ses compagnons de voyage victimes du mal de mer causé par la houle qui a provoqué sa chute :

[…] le mal de mer eut la clémence de nous épargner, et, malgré la catastrophe de la veille, nous déjeunâmes d’assez bon appétit à la table déjà dégarnie de la plupart de ses convives […] toujours quelque camarade se tenait près de nous pour nous distraire […]. Quelquefois, au milieu de l’entretien, le compagnon pâlissait, verdissait, réclamait du servant un verre de rhum, une tasse de thé, un citron, et finissait par disparaître. Un autre au cœur plus assuré le remplaçait73.

La scène de rue aperçue par Gautier depuis la véranda de l’hôtel Sheppeard prend fin au moment où, le soir venant, les membres de la délégation regagnent l’hôtel, à l’issue de leur visite du Caire, pour participer à un dîner dont on a déjà vu qu’il respectait toutes les conventions du genre. Le rideau tombe-t-il pour autant sur l’exotisme ambiant ? Ce serait mal connaître le poète voyageur, qui donne à entendre à ses lecteurs « un bruit singulier, inexplicable » venant interrompre les conversations où « chacun racontait ce qu’il avait vu d’étrange et de pittoresque » :

Le son s’enflait, diminuait, éclatait de nouveau avec un fracas horrible. On eût dit les abois d’une gueule de bronze, les hululations d’un chien infernal hurlant après le disque livide d’Hécate.

Heureux de son effet d’« inquiétante étrangeté », Gautier dévoile le pot aux roses, qui constitue les dernières lignes du chapitre et ménage habilement la transition vers le suivant, où est raconté le fameux repas :

C’était tout simplement un gong chinois qu’un fellah, domestique de l’hôtel, frappait avec un tampon pour rappeler aux invités du khédive et aux voyageurs que le dîner était servi74.

La séquence la plus étonnante en la matière reste le récit de l’embarquement de la délégation à bord du train qui va la conduire au Caire. Toujours soucieux de fournir à son lectorat son lot de dépaysement, Gautier se trouve là en effet face à une double aporie : d’une part, il n’a pas grand chose à dire de la gare d’Alexandrie, qui ne présente « rien de caractéristique et ressemble à toutes les gares de chemins de fer possible » ; d’autre part, la foule des Égyptiens « qui en encombre les abords » ne diffère guère de celle qu’il a aperçue depuis le bateau et dont il a esquissé les physionomies et les vêtements quelques pages auparavant : il lui faut renoncer à la représenter afin de ménager ses effets pour la suite de sa relation. Mais cela ne décourage nullement sa verve descriptive qui va une fois encore retourner le ratage potentiel à l’avantage du récit viatique en s’intéressant à la délégation officielle : c’est elle qui va lui fournir l’exotisme qui fait défaut pour l’heure à la réalité égyptienne. Les invités du khédive ont cru bon en effet de s’équiper « pour cette petite course de quatre heures en chemin de fer comme pour un voyage sur le haut Nil, au-delà des cataractes » : il n’en faut pas davantage à Gautier pour se lancer dans un inventaire détaillé « des costumes […] bouffonnement excentriques » arborés pour l’occasion par ses compagnons de voyage. On n’en citera ici qu’une partie :

Les coiffures surtout, destinées à préserver de l’insolation, étaient particulièrement bizarres. Les plus ordinaires étaient des sortes de casques à double fond, en toile blanche ouatée et piquée, avec un quartier se rabattant sur la nuque comme les mailles des anciens casques sarrasins, une visière en abat-jour doublée de vert, et de chaque côté de la tête deux petits trous pour la circulation de l’air. Comme si tout cela ne suffisait pas, un voile bleu, pareil à celui que portent les sports-men aux courses d’Ascot ou de Chantilly, s’enroulait en turban autour de ce casque […] une coiffure indienne, arrangée au goût anglais, mérite une description spéciale. Figurez-vous un disque d’étoffe blanche, posé comme un couvercle au-dessus d’une calotte avec bajoues et garde-nuque. Les gentlemen qui s’étaient affublés de cette confortable invention semblaient avoir sur la tête une ombrelle dont le manche eût été enfoncé dans leur crâne. Ceux-ci, d’un meilleur sentiment pittoresque, avaient adopté la coufieh syrienne, rayée de jaune, de rouge, de bleu et de violet, cerclée autour du front d’une cordelette de passementerie, et dont les pans terminés par de longs effilés, flottent négligemment sur le dos. Ceux-là, moins amateurs de couleur locale, portaient le feutre mou, creusé à son sommet d’un pli semblable à l’échancrure d’une montagne à deux pointes. D’autres avaient le panama à larges bords doublés de taffetas vert ; quelques-uns, le fez du Nizam […].

On pouvait remarquer aussi un grand déploiement de lunettes bleues, de lunettes à verres enfumés comme pour les éclipses, de lunettes avec des œillères se prolongeant sur les branches et s’adaptant aux tempes, et derrière lesquelles il était parfois difficile de discerner un regard ami. […]

Les cabans de flanelle blanche, avec ou sans capuchon, plus ou moins soutachés de couleurs vives, les paletots de toile, les vestes de basin ou de piqué beurre frais, les gilets de nankin ou de soie écrue à boutons fantaisistes, sanglés par de larges ceintures de laine rouge, les pantalons bouffants entrés dans des guêtres de cuir montant jusqu’au genou, les nécessaires de maroquin, les étuis de jumelles passés en sautoir, les fusils de chasse enveloppés dans leur fourreau et jetés sur l’épaule, les mac-ferlane, les couvertures bariolées, et tout ce monde d’ustensiles que le voyageur croit devoir emporter avec lui, donnaient un aspect étrange à cette foule européenne s’agitant sur le quai du débarcadère et montant à l’assaut des wagons, au milieu de ces hommes à turban, vêtus de robes comme des femmes75.

Gautier a beau se récrier à l’idée de « jeter le ridicule sur [se]s compagnons de voyage », on ne peut négliger l’arsenal rhétorique qu’il déploie pour rendre toute la cocasserie de ces accoutrements. Effets de liste renforcés par les répétitions, le bariolage, le grossissement des détails et surtout la prolifération d’un lexique technique qui tranche sur le registre plus « littéraire » de l’ensemble du récit, tandis qu’abondent toutes les formes d’analogie (comparaisons, métaphores, approximations), souvent pourvues de comparants aussi incongrus qu’hétéroclites : autant de procédés dont l’ironie n’est pas absente et qui contribuent à rendre « pittoresque », « étrange » et pour tout dire exotique cette foule de touristes européens privilégiés, affublés de leurs panoplies variées. Voilà du même coup considérablement minorée la singularité des Égyptiens, « ces hommes à turban, vêtus de robe comme des femmes ».

Gautier se voit-il en partie privé par son accident d’un exotisme dont se sont rassasiés nombre de ses confrères en littérature et en journalisme qui l’ont précédé dans le pays ? Il n’hésite pas à transformer une scène banale en un tableau inédit, capable de surpasser en bizarrerie les réalités de l’ailleurs égyptien, déjà maintes fois représenté par les peintres orientalistes. Quel plus beau témoignage de son talent pour l’écrivain au sommet de son art ?

Un voyage lacunaire

Reste à comprendre pourquoi le récit de ce voyage est resté inachevé, puisque six feuilletons seulement seront publiés dans le Journal officiel. Sa correspondance l’atteste : Gautier a pu sortir dans Le Caire au bout de quelques jours, et il a surtout été en mesure d’assister à l’inauguration du canal de Suez76. Or la relation éditée est non seulement dépourvue des motifs plus exotiques que le lectorat eût été en droit d’attendre, mais il y manque le compte rendu de l’événement auquel il a été invité, pour lequel il a été mandaté par son entreprise de presse et auquel Gautier a finalement pu participer après avoir repris quelques forces77. Quelles raisons peut-on invoquer pour une telle interruption de la chronique égyptienne de Gautier ? Désinvolture ? Crainte de répéter en partie ce qu’il avait déjà dit dans un article précédent78 ? Refus de paraître, à travers ce récit publié dans l’organe officiel de l’Empire, cautionner la propagande d’un régime sur le déclin79 et de se voir par là « récupéré » par celui-ci, alors que certains lui reprochaient déjà de n’être plus qu’un « poète rallié à l’Empire80 » ? C’est l’hypothèse émise par Sarga Moussa, qui souligne le manque d’intérêt bien connu de Gautier pour la chose politique et son « refus de mélanger l’art et les considérations idéologiques81 ».

Qu’on nous permette de rappeler tout de même que Gautier semble n’avoir eu nulle intention d’interrompre son feuilleton à la sixième livraison. En témoigne cette considération figurant à la fin de celle-ci, où il conclut par ces mots un long développement sur les chameaux dont il demande pardon au lecteur qui « ne partage[rait] pas notre sympathie à l’endroit de cet animal bossu et cagneux, et d’ailleurs nous aurons plus d’une occasion de revenir sur son compte82. » Le poète avait donc bien l’intention de poursuivre sa chronique… mais peut-être les événements ne lui en ont-ils pas laissé le temps… Revenons un instant sur la chronologie de la publication du récit de son voyage en Égypte83 : les livraisons s’échelonnent dans le Journal officiel entre le 17 février et le 8 mai 1870, soit avec un espacement moyen d’une quinzaine de jours entre chacune d’elles. Mais on sait qu’avec Gautier, l’irrégularité était de mise en la matière : de fait, il s’écoule un mois entre la première et la deuxième livraison, trois jours entre la seconde et la troisième, quarante entre la troisième et la quatrième et neuf entre celle-ci et les deux dernières, consécutives. Or l’ultime feuilleton paraît le jour même du dernier plébiscite proposé par Napoléon III, qui se révèle pour lui une victoire à la Pyrrhus. Le gouvernement Ollivier met aussitôt sur pied une réforme constitutionnelle d’envergure, qui ne verra jamais le jour : la tension monte rapidement entre les Français et les Prussiens et, à la mi-juillet, la guerre est déclarée. Étant donné l’exceptionnelle accélération du calendrier, était-il encore temps pour le « bon Théo » de raconter à ses lecteurs ses excursions cairotes et un événement qui n’intéressait alors plus personne ?

Les mystères de ce voyage et de ce récit inaboutis sont donc bien légers : un faux mouvement, une fausse dépêche84 ont eu en partie raison du projet égyptien que Gautier caressait depuis si longtemps. Il n’en reste pas moins que l’on voit s’y déployer son génie à exploiter les plus infimes ressources que lui offre le réel – fût-il infiniment banal –, afin de le faire exister pleinement aux yeux de son lectorat resté en France. Surmontant le handicap qui entrave son voyage et la déception d’un exotisme introuvable, il parvient à enchanter ses lecteurs en renversant les perspectives et en lui donnant à voir un monde qu’ils n’ignorent pas tout à fait – d’autres l’ont évoqué avant lui – mais sous un jour différent. Son immobilité forcée amène ainsi le poète à rejoindre le club très fermé des « voyageurs immobiles », dans lequel on trouve Bernardin de Saint-Pierre ou Xavier de Maistre. On pourrait ainsi dire, en parodiant Musset, que, pour le récit de son dernier grand voyage, Gautier a offert à ses lecteurs le plus sublime des spectacles « sans quitter son fauteuil ».

1 Son voyage en Italie s’interrompt ainsi à Naples où il est déclaré indésirable par le gouvernement local, tandis que le récit

2 C’est le cas des Vacances du lundi. Tableaux de montagnes, publié en feuilletons dans Le Moniteur universel en 1868, mais qui ne

3 Les six feuilletons banalement intitulés « Égypte », publiés dans Le Journal officiel entre le 17 février et le 8 mai 1870, ont en

4 Voir ce qu’il écrit lorsqu’il quitte Alexandrie (« […] bientôt allait s’accomplir un rêve caressé par nous depuis longtemps. »

5 Sarga Moussa retrace l’histoire du peintre et de son tableau dans VE p. 192-193, n. 199.

6 « Marilhat », dans Revue des Deux Mondes, n.s. 23, 1er juillet 1848, p. 59.

7 « Salon de 1834 » dans La France industrielle, avr. 1834 (éd. François Brunet), [En ligne] URL : http://classiques.

8 « Variétés : Collection égyptienne de M. Mimaut » (dans La Presse, 19 déc. 1837), compte rendu du poème symphonique Le Désert

9 Voir ceux de l’exposition universelle de 1867 : « IV. (L’Égypte) » (dans ibid., 7 juin 1867) et « V. L’Isthme de Suez » (dans

10 « La Diva »(dans Le Figaro, 20 oct. 1837 : Gautier y fait allusion au Mosè in Egitto de Rossini [1818] remanié en Moïse et

11 Une nuit de Cléopâtre (dans La Presse, nov.-déc. 1838), Le Pied de momie (dans Le Musée des familles, sept. 1840)

12 La Péri, ballet dont le deuxième acte se situe au Caire (voir Théophile Gautier, Théâtre et ballets, éd. Claudine

13 Lettre du 25 juillet 1843 (CG, t. 2, 1986, p. 45).

14 Ibid., p. 40-41.

15 Voir la lettre du 14 août 1843 de Nerval à Gautier (ibid., p. 56 et suiv.).

16 Lettre de Du Camp à Gautier du 31 mars 1850, « En Nubie, en descendant le Nil, à la hauteur de Teskra » (ibid., t. 4, p. 133).

17 Lettre de Gautier à Du Camp du 13 décembre [?] 1850 (ibid., p. 273).

18 Voir la lettre de Nubar à Gautier du 14 août 1869 (ibid., t. 10, p. 377). Sur ce personnage, voir VE, p. 158, n. 67.

19 Ces invités ont laissé des traces de leur participation à l’événement : on doit au premier un journal intitulé Deux Mois en

20 Voir le récit qu’en fait Louise Colet (PL, p. 16 et suiv.).

21 Sarga Moussa, « Introduction », VE, p. 126. Voir ibid., p. 143-146. Comme le fait remarquer Sarga Moussa, le Moeris est parti

22 Voir ibid., p. 147.

23 Voir CG, t. 10, p. 397 et 400.

24 Ibid., p. 412. Voir également la réponse de Gautier au même : « Si j’avais écouté la voix intérieure qui me parlait, je serais

25 Ibid., p. 413. Il affirmait à la même, quelques jours auparavant : « Vous avez bien raison de ne pas aimer les voyages et me

26 En particulier celle d’être « oublié de ceux qu’on aime » (lettre à Carlotta Grisi, du Caire le 25 octobre 1869 – ibid., p. 

27 Il dit s’être « excessivement fatigué à finir La Nature chez elle » (à Carlotta Grisi, du Caire, le 22 octobre 1869 – CG, t. 10, p. 415)

28 PL, p. 27.

29 Voir ibid., p. 26 et suiv.

30 VE, p. 149. De là peut-être le calembour en forme de signature adressé à sa fille Estelle : « Ton père cassé, mais non

31 Voir VE, p. 150, 181 et 184.

32 Tous se passe en effet comme si l’ensemble du voyage était placé « sous un mauvais soleil », pour parodier une formule

33 Voir VE, p. 154 ; PL, p. 39 ; CG, p. 401, 404, 406, 414.

34 Un autre voyage lui sera proposé un peu plus tard, auquel il renoncera, tant est grande sa hâte de retourner en France (voir

35 Il y trouve le temps long (voir la lettre à la princesse Mathilde du début novembre 1869, ibid., p. 424-425), même s’il ne se

36 VE, p. 151-152 (voir la n. 42 de Sarga Moussa). Dans la suite du récit, Gautier n’insiste guère non plus sur son « état de

37 Le voyage en bateau jusqu’en haute Égypte eût été possible à la rigueur, mais pas les « excursions à âne, cheval ou chameau

38 Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours [1858] dans Loin de Paris, Paris, Charpentier, 1881, p. 287.

39 Voir Théophile Gautier, Un tour en Belgique [1836] dans Caprices et zigzags, Paris, Lecou, 1852, p. 5 et 78 ; Voyage en Espagne [1843]

40 VE, p. 151.

41 Ibid., p. 152. Sur l’importance des lorgnons, lorgnettes et jumelles dans le Voyage en Égypte et dans la pratique de Gautier

42 Voir VE, p. 153 et suiv.

43 Ibid., p. 161-162.

44 Ibid., p. 177.

45 Ibid., p. 171-172, 177, 189.

46 Voir ibid., p. 172-173, 174-176, 178-179, 181, 186.

47 Ibid., p. 181-183.

48 Ibid., p. 177.

49 Ibid., p. 198.

50 Ibid., p. 162-163.

51 Ibid., p. 195.

52 Théophile Gautier, Voyage en Espagne, op. cit., p. 193.

53 VE, p. 199 (l’expression est reprise p. 210).

54 Le terme et ses dérivés sont utilisés à plusieurs reprises par Gautier au Caire (ibid., p. 204, 215, 220), qui va jusqu’à

55 Voir ibid., p. 210, 212.

56 Voir ibid., p. 200-202, 220-222.

57 Voir ibid., p. 204-208.

58 Voir ibid., p. 199, 216-217.

59 Voir ibid., p. 202-203, 213-215, 217-218.

60 Voir ibid., p. 203.

61 CG, t. 10, p. 406.

62 Voir à ce sujet les très intéressantes analyses proposées par Sarga Moussa dans l’introduction déjà citée (VE, p. 131 et suiv.

63 Gautier va jusqu’à citer un extrait du Nil pour offrir au lecteur un aperçu de ce qu’il n’a pu voir (voir ibid., p. 218-220).

64 Introduction à son édition critique déjà citée du Voyage en Égypte, p. 12.

65 VE, p. 161 et 163.

66 Ibid., p. 196.

67 Voir ibid., p. 211.

68 Voir ibid., p. 197 et 212.

69 Voir ibid., p. 203 et 208.

70 Ibid., p. 209. Voir aussi p. 163.

71 Voir ibid., ainsi que p. 179 et suiv.

72 Ibid., p. 153. Il poursuit ainsi : « Les vagues s’enflent, s’avancent et se brisent, formant de ces crêtes d’écume qu’on

73 Ibid., p. 151.

74 Ibid., p. 208.

75 Ibid., p. 165-169.

76 Voir CG, t. 10, p. 415, 419, 430, 432, 434-435. La cérémonie est l’objet d’un compte rendu circonstancié à Carlotta 

77 La seule trace qu’on en ait gardée existe sous la forme d’un manuscrit conservé dans la collection Spoelberch de Lovenjoul à

78 « L’Isthme de Suez », art. cit.

79 Voir à ce propos les lettres alarmées de Théophile Gautier fils, alors en attente d’un poste préfectoral, à son père (CG, t. 

80 C’est le mot, particulièrement acerbe, de Louise Colet (PL, p. 40).

81 Voir son introduction dans VE, p. 130.

82 Ibid., p. 221.

83 Voir à ce propos le second volume de l’Histoire des œuvres de Théophile Gautier par Charles de Spoelberch de Lovenjoul

84 La fameuse « dépêche d’Ems » (13 juillet 1870), volontairement caviardée par Bismarck pour échauffer les passions et provoquer

Notes

1 Son voyage en Italie s’interrompt ainsi à Naples où il est déclaré indésirable par le gouvernement local, tandis que le récit proprement dit s’arrête à Florence. Quant au Voyage pittoresque en Algérie annoncé en 1846, il ne verra jamais le jour et ne connaîtra sa première édition complète qu’une centaine d’années après la mort de Gautier. Voir à ce propos les introductions de Marie-Hélène Girard et de Véronique Magri-Mourgues à leurs éditions respectives du Voyage en Italie et du Voyage en Algérie de Gautier (Paris, Champion, 2017, t. 1, p. 22-23 et 35 ; 2016, p. 11-14).

2 C’est le cas des Vacances du lundi. Tableaux de montagnes, publié en feuilletons dans Le Moniteur universel en 1868, mais qui ne seront réunis en volume par Charpentier qu’après la mort de Gautier. Les feuilletons du voyage en Grèce, éparpillés dans Le Moniteur universel entre 1852 et 1854, attendent encore une publication en volume autonome, prévue toutefois à brève échéance pour les Œuvres complètes de Gautier chez Champion, dans l’édition d’Elena Anastasaki.

3 Les six feuilletons banalement intitulés « Égypte », publiés dans Le Journal officiel entre le 17 février et le 8 mai 1870, ont en effet été intégrés à L’Orient, volume d’articles thématiques et très hétérogènes confectionné par Charpentier en 1877. Avant la très belle édition procurée par Sarga Moussa chez Champion en 2016, à laquelle cette étude est extrêmement redevable et qui constituera désormais notre référence (sous l’abréviation VE), Paolo Tortonese avait été le premier à proposer une publication autonome de ces feuilletons sous le titre de Voyage en Égypte pour La Boîte à Documents en 1991.

4 Voir ce qu’il écrit lorsqu’il quitte Alexandrie (« […] bientôt allait s’accomplir un rêve caressé par nous depuis longtemps. » – VE, p. 170) ou qu’il s’installe à l’hôtel Sheppeard du Caire (« On nous logeait dans notre rêve ! » – ibid., p. 194). Il parle en outre « d’un voyage si longtemps rêvé » à sa fille Estelle dans une lettre datée du Caire le 22 octobre 1869 (Correspondance générale [désormais CG], éd. Pierre Laubriet, Claudine Lacoste-Vesseyre et Andrew Gann, Genève/Paris, Droz, t. 10, 1996, p. 416).

5 Sarga Moussa retrace l’histoire du peintre et de son tableau dans VE p. 192-193, n. 199.

6 « Marilhat », dans Revue des Deux Mondes, n.s. 23, 1er juillet 1848, p. 59.

7 « Salon de 1834 » dans La France industrielle, avr. 1834 (éd. François Brunet), [En ligne] URL : http://classiques.uqac.ca/classiques/gautier_theophile/Salon_de_1834/salon_de_1834_print.pdf.

8 « Variétés : Collection égyptienne de M. Mimaut » (dans La Presse, 19 déc. 1837), compte rendu du poème symphonique Le Désert de Félicien David (dans ibid., 6 janv. 1845), « Opéra-Comique : Reprise de Joseph [de Méhul] » (dans ibid., 15 sept. 1851 : Gautier en critique vertement les décors et les costumes), « Le Nil (Égypte et Nubie) par Maxime du Camp » (dans Le Moniteur universel, 8 avril 1854), « Histoire des usages funèbres et des sépultures des peuples anciens, par M. Ernest Feydeau » (dans ibid., 31 oct. 1856).

9 Voir ceux de l’exposition universelle de 1867 : « IV. (L’Égypte) » (dans ibid., 7 juin 1867) et « V. L’Isthme de Suez » (dans ibid., 3 août 1867).

10 « La Diva » (dans Le Figaro, 20 oct. 1837 : Gautier y fait allusion au Mosè in Egitto de Rossini [1818] remanié en Moïse et Pharaon [1827] pour la version française), « Nostalgies d’obélisques » (dans La Presse, 4 août 1851).

11 Une nuit de Cléopâtre (dans La Presse, nov.-déc. 1838), Le Pied de momie (dans Le Musée des familles, sept. 1840), La Mille et Deuxième Nuit (dans ibid., août 1842), Le Roman de la Momie (dans Le Moniteur universel, mars-mai 1857).

12 La Péri, ballet dont le deuxième acte se situe au Caire (voir Théophile Gautier, Théâtre et ballets, éd. Claudine Lacoste-Vesseyre, Hélène Laplace-Claverie et Sarah Mombert, Paris, Champion, 2003, p. 609).

13 Lettre du 25 juillet 1843 (CG, t. 2, 1986, p. 45).

14 Ibid., p. 40-41.

15 Voir la lettre du 14 août 1843 de Nerval à Gautier (ibid., p. 56 et suiv.).

16 Lettre de Du Camp à Gautier du 31 mars 1850, « En Nubie, en descendant le Nil, à la hauteur de Teskra » (ibid., t. 4, p. 133).

17 Lettre de Gautier à Du Camp du 13 décembre [?] 1850 (ibid., p. 273).

18 Voir la lettre de Nubar à Gautier du 14 août 1869 (ibid., t. 10, p. 377). Sur ce personnage, voir VE, p. 158, n. 67.

19 Ces invités ont laissé des traces de leur participation à l’événement : on doit au premier un journal intitulé Deux Mois en Égypte (Paris, Amyot, 1870), au second un Voyage de la Haute Égypte (Paris, Renouard, 1876). Le troisième a rapporté des carnets qui seront publiés après sa mort, tandis que la quatrième a laissé un récit intitulé Les Pays lumineux (Paris, Dentu, 1879 – désormais PL) et le dernier Le Caire et la Haute Égypte (Paris, Dentu, 1872).

20 Voir le récit qu’en fait Louise Colet (PL, p. 16 et suiv.).

21 Sarga Moussa, « Introduction », VE, p. 126. Voir ibid., p. 143-146. Comme le fait remarquer Sarga Moussa, le Moeris est parti un samedi (voir ibid., p. 126, n. 17, et 143, n. 3), mais sans doute Gautier prend-il en compte son départ de Paris la veille par le train de nuit.

22 Voir ibid., p. 147.

23 Voir CG, t. 10, p. 397 et 400.

24 Ibid., p. 412. Voir également la réponse de Gautier au même : « Si j’avais écouté la voix intérieure qui me parlait, je serais remonté avec toi sur le quai […] cette fois j’avais été averti, je savais qu’un malheur me menaçait et j’ai bêtement persisté. » (p. 422).

25 Ibid., p. 413. Il affirmait à la même, quelques jours auparavant : « Vous avez bien raison de ne pas aimer les voyages et me voilà converti à votre doctrine » (p. 405). Il confie en outre à Carlotta Grisi : « […] il ne m’a jamais tant coûté de partir. Il me semblait que mon cœur ne voulait pas me suivre » (p. 406) – mais peut-être s’agit-il là d’un marivaudage.

26 En particulier celle d’être « oublié de ceux qu’on aime » (lettre à Carlotta Grisi, du Caire le 25 octobre 1869 – ibid., p. 419). Voir Alain Guyot, « Gautier en voyage ou l’ailleurs à deux pas d’ici » dans L’Ailleurs depuis le romantisme. Essais sur les littératures en français, Daniel Lançon et Patrick Née (dir.), Paris, Hermann, 2009, p. 109-111.

27 Il dit s’être « excessivement fatigué à finir La Nature chez elle » (à Carlotta Grisi, du Caire, le 22 octobre 1869 – CG, t. 10, p. 415).

28 PL, p. 27.

29 Voir ibid., p. 26 et suiv.

30 VE, p. 149. De là peut-être le calembour en forme de signature adressé à sa fille Estelle : « Ton père cassé, mais non Cassandre » (lettre du 22 octobre 1869 - CG, t. 10, p. 416). Gautier relate l’accident de manière plus détaillée à ses différents correspondants (ibid., p. 401 et suiv.). Les circonstances précises de l’événement, aux limites du burlesque, ont été rapportées par Louise Colet : « […] Gautier a été renversé par le roulis sur l’escalier qui mène aux cabines ; il s’est relevé sans sentir d’abord sa blessure, et avant d’aller dormir il est entré dans un certain cabinet. Mais quand il a voulu rajuster cette partie de notre habillement que ne nomment pas les Anglaises, il lui a été impossible de mouvoir le bras » (PL, p. 29). Coup de pied de l’âne de la part d’une auteure que le poète avait fait mine de ne pas reconnaître au moment de l’embarquement (voir ibid., p. 16) ? Toujours est-il que de telles circonstances ne pouvaient de fait trouver leur place dans le Journal officiel du Second Empire !

31 Voir VE, p. 150, 181 et 184.

32 Tous se passe en effet comme si l’ensemble du voyage était placé « sous un mauvais soleil », pour parodier une formule chateaubriandienne : Carlotta Grisi se fracture elle aussi l’épaule le lendemain de l’accident survenu à son ami Théophile (voir CG, t. 10, p. 407, 420-421, 426, 427, 430, 433). Peu après son arrivée, la nouvelle, pourtant attendue, de la mort de Sainte-Beuve lui inflige un « coup » dont il a du mal à se remettre (voir ibid., p. 419 et 424). Il affirme par ailleurs connaître en Égypte des crises de nostalgie (voir ibid., p. 424, 430). Quant au voyage de retour, il se déroule dans de très mauvaises conditions météorologiques (voir ibid., p. 443-444, 450). Rançon d’un périple contraint, trop « organisé », et par là bien éloigné de la liberté prônée par le voyageur à ses débuts (voir Constantinople, éd. Sarga Moussa, Paris, La Boîte à documents, 1990, p. 293) ?

33 Voir VE, p. 154 ; PL, p. 39 ; CG, p. 401, 404, 406, 414.

34 Un autre voyage lui sera proposé un peu plus tard, auquel il renoncera, tant est grande sa hâte de retourner en France (voir ibid., p. 433, 435).

35 Il y trouve le temps long (voir la lettre à la princesse Mathilde du début novembre 1869, ibid., p. 424-425), même s’il ne se dit nullement « prisonnier dans [s]a chambre ; je vais, je viens, tantôt en voiture, tantôt à pied, visitant un bazar, une mosquée, un palais » (lettre à Carlotta Grisi, du Caire, le 22 octobre 1869 – p. 415 ; voir également p. 419).

36 VE, p. 151-152 (voir la n. 42 de Sarga Moussa). Dans la suite du récit, Gautier n’insiste guère non plus sur son « état de blessé » (voir VE, p. 161, 162, 181, 184-185, 198).

37 Le voyage en bateau jusqu’en haute Égypte eût été possible à la rigueur, mais pas les « excursions à âne, cheval ou chameau, pour aller voir les antiquités quelquefois éloignées du fleuve d’une lieue ou deux » (lettre à sa fille Estelle, du Caire le 22 octobre 1869 – CG, t. 10, p. 416).

38 Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours [1858] dans Loin de Paris, Paris, Charpentier, 1881, p. 287.

39 Voir Théophile Gautier, Un tour en Belgique [1836] dans Caprices et zigzags, Paris, Lecou, 1852, p. 5 et 78 ; Voyage en Espagne [1843], éd. Patrick Berthier, Paris, Gallimard, coll. « Folio », p. 409-411 ; Voyage en Algérie, op. cit., p. 28 et suiv. Voir Alain Guyot, « Gautier en voyage […] », art. cit., p. 124-125.

40 VE, p. 151.

41 Ibid., p. 152. Sur l’importance des lorgnons, lorgnettes et jumelles dans le Voyage en Égypte et dans la pratique de Gautier, voir aussi p. 180, 199, 222 ; Alain Guyot, « Récréation, devoir et chant du monde : pour une poétique du voyage et de son récit chez Théophile Gautier », Revue des sciences humaines, « Panorama Gautier », n° 277, 2005, p. 100 et suiv.

42 Voir VE, p. 153 et suiv.

43 Ibid., p. 161-162.

44 Ibid., p. 177.

45 Ibid., p. 171-172, 177, 189.

46 Voir ibid., p. 172-173, 174-176, 178-179, 181, 186.

47 Ibid., p. 181-183.

48 Ibid., p. 177.

49 Ibid., p. 198.

50 Ibid., p. 162-163.

51 Ibid., p. 195.

52 Théophile Gautier, Voyage en Espagne, op. cit., p. 193.

53 VE, p. 199 (l’expression est reprise p. 210).

54 Le terme et ses dérivés sont utilisés à plusieurs reprises par Gautier au Caire (ibid., p. 204, 215, 220), qui va jusqu’à parler de « panorama » (p. 204), voire de « procession » (p. 218).

55 Voir ibid., p. 210, 212.

56 Voir ibid., p. 200-202, 220-222.

57 Voir ibid., p. 204-208.

58 Voir ibid., p. 199, 216-217.

59 Voir ibid., p. 202-203, 213-215, 217-218.

60 Voir ibid., p. 203.

61 CG, t. 10, p. 406.

62 Voir à ce sujet les très intéressantes analyses proposées par Sarga Moussa dans l’introduction déjà citée (VE, p. 131 et suiv.).

63 Gautier va jusqu’à citer un extrait du Nil pour offrir au lecteur un aperçu de ce qu’il n’a pu voir (voir ibid., p. 218-220).

64 Introduction à son édition critique déjà citée du Voyage en Égypte, p. 12.

65 VE, p. 161 et 163.

66 Ibid., p. 196.

67 Voir ibid., p. 211.

68 Voir ibid., p. 197 et 212.

69 Voir ibid., p. 203 et 208.

70 Ibid., p. 209. Voir aussi p. 163.

71 Voir ibid., ainsi que p. 179 et suiv.

72 Ibid., p. 153. Il poursuit ainsi : « Les vagues s’enflent, s’avancent et se brisent, formant de ces crêtes d’écume qu’on appelle moutons, avec une agitation stérile et une variété monotone qui finit par lasser le regard. L’ennui vous prend malgré vous, bien qu’on se batte les flancs pour admirer les jeux de la lumière, les levers et les couchers du soleil, et les traînées de paillettes que verse la lune sur le fourmillement perpétuel des flots. On se prend à désirer quelque chose de moins vaguement immense, de plus délimité, de plus précis, où la pensée puisse se poser, comme ces oiseaux de passage qui, lassés de leur vol, s’abattent un moment, pour reprendre haleine, sur les vergues du navire ».

73 Ibid., p. 151.

74 Ibid., p. 208.

75 Ibid., p. 165-169.

76 Voir CG, t. 10, p. 415, 419, 430, 432, 434-435. La cérémonie est l’objet d’un compte rendu circonstancié à Carlotta Grisi dans une lettre datée du Caire, le 28 novembre 1869 (ibid., p. 440-441 – retranscrite en grande partie par Sarga Moussa dans VE, p. 128-129).

77 La seule trace qu’on en ait gardée existe sous la forme d’un manuscrit conservé dans la collection Spoelberch de Lovenjoul à la bibliothèque de l’Institut (f° 47) et retranscrit par Sarga Moussa dans VE, p. 223-224.

78 « L’Isthme de Suez », art. cit.

79 Voir à ce propos les lettres alarmées de Théophile Gautier fils, alors en attente d’un poste préfectoral, à son père (CG, t. 10, p. 432, 438, 442).

80 C’est le mot, particulièrement acerbe, de Louise Colet (PL, p. 40).

81 Voir son introduction dans VE, p. 130.

82 Ibid., p. 221.

83 Voir à ce propos le second volume de l’Histoire des œuvres de Théophile Gautier par Charles de Spoelberch de Lovenjoul (Paris, Charpentier, 1887).

84 La fameuse « dépêche d’Ems » (13 juillet 1870), volontairement caviardée par Bismarck pour échauffer les passions et provoquer l’entrée en guerre des Français.

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Référence électronique

Alain GUYOT, « Le voyage de Théophile Gautier en Égypte ou les leçons d’un « accident de parcours » », Viatica [En ligne], 8 | 2021, mis en ligne le 24 March 2021, consulté le 06 December 2021. URL : http://revues-msh.uca.fr/viatica/index.php?id=1611

Auteur

Alain GUYOT

E.A. 7305 « Littérature, Imaginaire, Sociétés », Université de Lorraine

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