Introduction. Les vies de Jean de Léry

Introduction. The Many Lives of Jean de Léry

Texte

Les Relations des Voyages sont des Histoires où l’on rapporte plusieurs evenemens de suite, arrivez en divers lieux, mais qui ne sont qu’une partie de la vie des Hommes ; Car un voyage peut n’avoir duré qu’un certain nombre d’années, & mesmes qu’une année seule, ou quelques mois.
Charles Sorel, Bibliothèque françoise, Paris, Compagnie des Libraires du Palais, 1664, « Des voyages », p. 130.

Cette « année seule » ou ces « quelques mois », dont le polygraphe libertin Sorel souligne l’importance dans sa définition de la relation de voyage, sont aussi essentiels pour Jean de Léry. Dès la préface, l’auteur de l’Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil (1578-1611) légitime son témoignage en circonscrivant la durée de son expérience dans l’éphémère colonie de la « France antarctique » : il s’agit d’« un endroit où [il a] demeuré environ un an1 ». Ces « quelques mois », plus précisément du 7 mars 1557 au 4 janvier 1558, permettent à l’ancien cordonnier devenu pasteur d’autoriser son témoignage et de discréditer celui de Thevet qui, non seulement a très peu séjourné au Brésil (deux mois et demi), mais qui encore étend son savoir cosmographique au-delà de toute vraisemblance, puisqu’il prétend avoir « arpenté toutes les contrées de l’Inde Occidentale : à quoy neantmoins, pour beaucoup de raisons, la vie de dix hommes ne suffiroit pas2 ». L’ironique référence de Léry à la « vie de dix hommes », opposée à la durée d’« environ un an » de son expérience, fonctionne comme un critère de différenciation et de valorisation de son témoignage : le voyage d’une vie correspond chez Léry à son unique récit de voyage qu’il retravaille sans cesse (cinq éditions augmentées de son vivant) et qui s’ancre dans la seule expérience brésilienne. Il s’oppose en cela aux différents voyages de Thevet (sa Cosmographie de Levant) et à ses cinq écrits, imprimés et manuscrits, qui, des Singularitez de la France antarctique au Grand Insulaire, consignent ses variations sur son expérience brésilienne.

La vie de Léry est bien au cœur de l’interprétation de sa relation de voyage : on sait à quel point le voyageur a mis en scène son destin3, en soulignant la valeur symbolique de certains épisodes, comme lorsqu’il est mystérieusement sauvé lors du voyage retour, alors que le navire prend l’eau et que nombreux sont ceux qui préfèrent regagner la terre ferme (au dernier moment, Léry remonte à bord et n’accompagne pas ceux qui retournent sur le rivage brésilien où ils seront martyrisés par l’hérétique Villegagnon). Ce poids pris par la vie de Léry se comprend dans un dessein supérieur et opaque, où la grâce du Créateur décide de son salut4 : on sait que la publication de son récit de voyage correspond à la volonté d’honorer la mémoire de la communauté réformée de la France antarctique, contre Thevet « estimant possible que nous fussions tous morts5 ». Si Léry n’est pas l’homme d’un seul texte (voir son coup d’essai, l’Histoire memorable de la ville de Sancerre en 1574), il est cependant clair que la mise en scène de sa propre vie et des péripéties accompagnant la genèse de ses manuscrits « escrits d’ancre de Bresil6 » contribue à dramatiser la réception de sa relation. Ce croisement complexe entre la biographie et les enjeux anthropologiques propres au voyage n’est pas si original si on le compare à certaines vita antiques (comme la Vie d’Apollonius de Tyane de Philostrate), ou au topos biblique de l’homo viator (qui compare la vie de la créature à une pérégrination loin du giron du Créateur7), mais, dans le cas de Léry, ce croisement est à l’origine d’une « histoire » bien particulière. Mais de quelle histoire s’agit-il ?

Dès le titre et dès les premières phrases, Léry martèle que son récit de voyage est une histoire, en particulier contre le modèle cosmographique de Thevet qu’il pourfend. Sa démarche n’est cependant pas inédite. Presque un siècle plus tard, Sorel souligne à son tour que la relation de voyage appartient au genre hyperonyme de l’histoire précisément parce que ce type de texte raconte « une partie de la vie des Hommes ». De fait, l’Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil est bien cette histoire, comprise d’abord au sens documentaire et aristotélicien de rapport (ou d’enquête) sur le Brésil, mais elle est aussi une histoire au sens narratif du terme, à savoir un récit composé d’épisodes fortement dramatisés et riches d’une lecture symbolique ou allégorique, mais elle est encore le fragment d’une histoire plus générale, celle de la Réforme hors de Genève, ou encore celle du « grand récit » des débuts de la colonisation française. Ces différents niveaux de lisibilité de l’histoire composent la substance même de sa relation de voyage : ils déterminent la pluralité des lectures de l’œuvre sur lesquelles ce présent numéro de Viatica consacré à Jean de Léry souhaite donner de nouvelles lumières.

Les vies de Léry désigneront ici les différentes appropriations de son Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil, c’est-à-dire ces destinées du texte qui échappent à son créateur, lequel passe pour avoir passablement contrôlé le récit de sa propre vie et de son expérience brésilienne. Léry connu ou inconnu ? Si aucun portrait de Léry n’est disponible8, force est de reconnaître que son texte est de plus en plus familier, au rythme de son accessibilité en format poche, de sa diffusion dans les établissements d’enseignement secondaire et des concours d’agrégation, jusqu’à servir de source pour un roman contemporain (Rouge brésil de Jean-Christophe Ruffin, en 2001). On pourrait ainsi parler des vies de Léry qui sont celles de ses interprétations successives9, via Montaigne (1580), Claude Lévi-Strauss (1955), Michel de Certeau (1975) – lequel en a assuré une diffusion élargie auprès d’un public épris de sciences humaines – et Frank Lestringant (1981-), mais aussi celles de ses éditions savantes qui, depuis Paul Gaffarel (1880) jusqu’à Frank Lestringant (1994), ont rendu le texte disponible et lisible grâce à un appareil critique toujours plus nourri et précis. Si un texte vit de ses interprétations (successives, concurrentes, complémentaires), il apparaît que le récit de Léry est lui aussi riche d’une pluralité de lectures qui s’articulent à l’histoire des idées, à la rhétorique, à l’histoire coloniale, à l’anthropologie ou encore à l’histoire des religions. L’Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil est bien un carrefour vers lequel convergent diverses routes interprétatives qui révèlent la complexité de l’« histoire », dans sa composition comme dans ses effets, dans son écriture ethnologique comme dans ses digressions comiques. Lire Léry en « sens agile », comme Rabelais nous invitait à le faire sur son œuvre, c’est aussi reconnaître que le texte comporte une dimension allégorique, « un plus haut sens », qui enrichit et complexifie la lecture littérale du récit de voyage.

Les nouvelles vies de Léry que nous proposons ici sont celles qui permettent de penser à nouveaux frais l’Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil : quatre cent cinquante ans après sa première publication, le récit de Léry révèle encore des surprises. Mieux, il s’affirme comme un texte séminal qui non seulement croise l’aventure et l’inventaire, l’histoire documentaire et l’histoire romanesque, mais qui inaugure aussi une forme d’écriture ethnologique (le « bréviaire de l’ethnologue » cher à Claude Lévi-Strauss) et qui jouera enfin un rôle décisif dans l’écriture de l’histoire coloniale. Sur ce dernier sujet, Sorel, quelques pages après sa définition des relations de voyages, fait le bilan des témoignages consacrés à la conquête de l’Amérique et indique :

Si nous passons aux Indes Occidentales, nous verrons les Voyages de Fernand Cortez, de Jean de l’Hery [sic], des sieurs de Champlain, l’Escarbot & Moquet10.

Il est significatif que Sorel relève le nom de Léry dans cette histoire des relations de voyages sur l’Amérique juste après celui de Cortès et avant celui de Lescarbot (qui compilera Léry dans son Histoire de la Nouvelle France de 160911). Ce rôle inaugural conféré à Léry s’inscrit dans une compétition historiographique des puissances coloniales, mais il permet aussi de prendre la mesure du succès européen de ce récit de voyage, traduit en latin (dès 1586), puis en allemand (trad. partielle, 1592), en hollandais (1597) et en anglais (trad. partielle, 1611). La première « vie » du récit de Léry aura bien été de rendre hommage aux martyrs de cette première colonie française, voulue par l’amiral de Coligny, et d’offrir la première somme, à la fois botanique, zoologique, géographique, linguistique et surtout ethnologique, sur le Brésil.

Parmi ces nouvelles vies proposées dans ce numéro de Viatica, il est intéressant de voir comment l’Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil a été traduit et approprié dans différentes langues, adaptant les enjeux du texte initial à des objectifs parfois étrangers aux intentions de Léry. L’article d’Andrea Daher montre ainsi comment les différentes éditions et traductions de Léry en portugais, au Brésil, s’inscrivent dans les débats définissant le rapport de la langue portugaise à l’indianité et au tupi, tout au long de l’histoire brésilienne, en particulier lors du tournant « moderniste ». La présence de la « parole sauvage » est ainsi progressivement vidée de sa valeur d’oralité, au profit d’éditions à valeur plus philologique, romanesque ou ethnographique. Quant à Andrea Frisch, elle démontre comment la première traduction allemande de Léry dans la collection de Bry radicalise la dénonciation de la barbarie européenne (et catholique). Le rôle particulier joué par les illustrations du rituel anthropophage accentue cette lecture du cannibalisme, encore plus virulente que dans le texte original : dans l’Americae Tertia Pars, ou collection dite des Grands Voyages, le récit de Léry est amalgamé avec celui de l’Allemand Hans Staden (que Léry a lu et qu’il cite avec admiration à la fin de sa vie12), provoquant un saisissant effet de convergence. Si Léry est édité par de Bry, le voyageur s’est aussi servi d’autres récits de la collection de Bry pour parfaire la « conférence » de son histoire.

Cette première vie « linguistique » des traductions de Léry mérite d’être comparée avec la vie « cosmopolite » de l’Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil. Ce cosmopolitisme peut se comprendre selon plusieurs modalités : il renvoie d’abord aux dynamiques intertextuelles, faites d’emprunts et de citations, qui font de sa relation une véritable œuvre-monde, comme le montre Matthieu Bernhardt. Si Léry déclarait initialement ne rien vouloir emprunter aux autres, l’étude des différentes éditions de sa relation témoigne d’une amplification phénoménale, caractérisée par la convocation d’un savoir toujours plus encyclopédique (ce que montre l’exemple des emprunts à la relation de Thomas Hariot sur la Virginie). Le cosmopolitisme de Léry se comprend aussi dans un sens plus philosophique : Dorine Rouiller souligne que le voyageur se confronte à l’altérité tupi par un rare niveau d’implication personnelle, lequel témoigne d’une dimension émotionnelle faisant tout le prix de sa relation, traversée par différentes voix « indiennes ». Alternant entre adhésion et rejet face aux Tupinamba, Léry se met lui-même dans une position d’altération, voire de tupinambisation partielle de son identité, qui aboutit à une étonnante forme de décentrement.

Ces phénomènes d’appropriation de la nature brésilienne et de la culture tupi méritent d’être jugés à l’aune d’une troisième vie de Léry, la vie « naturaliste » qui parcourt sa relation de voyage. En effet, les nombreux passages relatifs à la faune et à la flore brésilienne ne sont pas uniquement documentaires, ils impliquent aussi un positionnement du voyageur qui s’adapte, s’approprie et personnalise les descriptions de la nature. Ainsi, Marie-Christine Gomez-Géraud montre comment les perroquets que Léry ne peut ramener du Brésil (ils sont mangés avec le tapir et les singes lors de l’effroyable voyage retour) fonctionnent comme un support privilégié pour repenser la notion d’altérité. Fortement humanisés, les perroquets perturbent les distinctions entre le « civilisé » et le « sauvage », mais aussi entre l’homme et l’animal. Un rapport métonymique comparable entre un fragment de la nature brésilienne et l’interprétation générale de la relation est dégagé par Frédéric Tinguely dans son analyse de la poétique de l’ananas. Ce fruit, « le plus excellent fruict de l’Amerique13 », que le voyageur compare à sept autres fruits et végétaux en ayant recours à la fragmentation analogique, concentre en lui de nombreux enjeux de l’écriture de l’Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil, de la mise en ordre de la varietas brésilienne et de l’intérêt pour la langue tupi jusqu’à la mise en mots de l’expérience sensorielle.

Enfin, une dernière vie « historique » de Léry clôture ce numéro en apportant des éléments nouveaux sur la genèse du texte et de son interprétation. Alexandre Tarrête revient sur les origines de la composition de la relation en soulignant le rôle (jusqu’alors minoré) du clan Coligny comme commanditaire de l’œuvre. Avant de s’émanciper comme écrivain et comme historien, Jean de Léry a probablement été le client des Coligny (il dédie sa relation à François, puis à Louise de Coligny, enfants de l’amiral), lesquels cherchent alors à réhabiliter la mémoire de leur père, assassiné lors de la Saint-Barthélémy et encore sous le coup d’une damnatio memoriae en 1575. La querelle opposant Léry à Thevet peut ainsi être réinscrite dans le conflit de longue durée qui oppose le clan des Coligny à celui des Guise et qui se perpétue par leurs champions respectifs. Enfin, Frank Lestringant propose une nouvelle lecture du chapitre VIII consacré à la nudité des Tupinamba. En faisant dialoguer l’Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil avec la méconnue épître de Tohibac Ouassou, « Roy d’une des contrées de Brezil » (1539 ?), et en soulignant l’importance de la nudité dans la relation de Léry, il montre comment le texte et l’iconographie font du Tupinamba nu un support allégorique privilégié où se donne à lire le goût du voyageur pour la copia, pour le paradoxe et pour un vertigineux changement de points de vue.

Telles sont les différentes vies de Léry développées ici et qui fonctionnent comme des amorces pour de nouvelles vies à venir et qui, nous l’espérons, seront nombreuses. Le rituel tupinamba de la « salutation larmoyante », magnifiquement illustré dans l’Histoire d’un voyage faict en la terre de Brésil et repris ici pour Viatica, rend bien compte de cette pluralité des vies de Léry, déjà lors de son expérience où il est perçu comme un « François ou austre estranger » et simultanément comme un revenant, qui a accompli le grand voyage et est revenu du monde des morts. Si l’écriture du voyage peut se définir comme la recréation d’une vie (ou d’une expérience) révolue, même de « quelques mois » selon Sorel, les lecteurs – passés, présents et futurs – deviennent les passeurs qui perpétuent la mémoire des textes. Ils ressemblent alors à Léry et à ses compagnons qui, lors du retour en France, à bord d’un navire sur le point de sombrer dans l’océan et dans l’oubli, sont « resolus de prolonger la vie autant qu’ils pourroyent14 ».

1 Jean de Léry, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, éd. Frank Lestringant, Paris, L.G.F./Le Livre de Poche, « Bibliothèque classique »

2 Ibid., p. 79.

3 Frank Lestringant, Le Huguenot et le Sauvage. L’Amérique et la controverse coloniale en France, au temps des guerres de Religion, Paris

4 Sur cette question, voir Caroline Trotot, « “Au milieu d’un million de sépulchres”. L’écriture comme salut chez Jean de Léry », Travaux et

5 Jean de Léry, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, op. cit., p. 63.

6 Ibid., p. 61.

7 Sur cette question, voir Frank Lestringant et Sarga Moussa (dir.), « Homo viator. Le Voyage de la vie (xve-xxe siècles) », Revue des Sciences

8 De nombreux sites Internet attribuent faussement à Jean de Léry le portrait de Johann Theodor de Bry (qui l’a édité et traduit en 1593).

9 Pour le détail sur les références critiques citées ici, voir la bibliographie raisonnée éditée à la fin du numéro.

10 Charles Sorel, Bibliothèque françoise, op. cit., p. 132.

11 Sur cette question, voir Marie-Christine Pioffet, « Marc Lescarbot et la littérature géographique de la Renaissance », xviie siècle, 2004/1, n° 

12 Jean de Léry, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, op. cit., p. 544-545 (éd. 1599).

13 Ibid., p. 326.

14 Ibid., p. 509.

Notes

1 Jean de Léry, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, éd. Frank Lestringant, Paris, L.G.F./Le Livre de Poche, « Bibliothèque classique », 1994, p. 98.

2 Ibid., p. 79.

3 Frank Lestringant, Le Huguenot et le Sauvage. L’Amérique et la controverse coloniale en France, au temps des guerres de Religion, Paris, Klincksieck, 1990, chap. II, « Jean de Léry, historien du Brésil français », p. 47-81.

4 Sur cette question, voir Caroline Trotot, « “Au milieu d’un million de sépulchres”. L’écriture comme salut chez Jean de Léry », Travaux et Recherches de l’UMLV, « Figures du salut », Université de Marne-La-Vallée, 2006, p. 65-83.

5 Jean de Léry, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, op. cit., p. 63.

6 Ibid., p. 61.

7 Sur cette question, voir Frank Lestringant et Sarga Moussa (dir.), « Homo viator. Le Voyage de la vie (xve-xxe siècles) », Revue des Sciences humaines, n° 245, janvier-mars 1997.

8 De nombreux sites Internet attribuent faussement à Jean de Léry le portrait de Johann Theodor de Bry (qui l’a édité et traduit en 1593).

9 Pour le détail sur les références critiques citées ici, voir la bibliographie raisonnée éditée à la fin du numéro.

10 Charles Sorel, Bibliothèque françoise, op. cit., p. 132.

11 Sur cette question, voir Marie-Christine Pioffet, « Marc Lescarbot et la littérature géographique de la Renaissance », xviie siècle, 2004/1, n° 222, p. 91-103.

12 Jean de Léry, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, op. cit., p. 544-545 (éd. 1599).

13 Ibid., p. 326.

14 Ibid., p. 509.

Citer cet article

Référence électronique

Grégoire HOLTZ, « Introduction. Les vies de Jean de Léry », Viatica [En ligne], HS 5 | 2022, mis en ligne le 21 novembre 2022, consulté le 02 février 2023. URL : http://revues-msh.uca.fr/viatica/index.php?id=2361

Auteur

Grégoire HOLTZ

Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (DYPAC)

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