À propos de Viatica

Nouvelle venue il y a quelques décennies encore dans le paysage critique français et étranger, la recherche sur la littérature des voyages constitue aujourd'hui un domaine à part entière des études littéraires. Textes ouverts sur le monde, les récits de voyage sont inséparables des routes, des pays, des choses et des gens qui les ont inspirés. Leur lecture appelle l'attention sur le rapport de l'écriture à ce qu'elle décrit, et d'une façon générale sur la force référentielle d'un récit qui n'abandonne jamais sa vocation à dire le réel, quelle que soit l'étrangeté, voulue ou non, des lieux et des objets qu'il évoque.

Viatica, première revue française (en ligne et en accès libre) entièrement dédiée à la littérature des voyages, se donne pour but de rendre compte de l'ensemble des tendances de ce nouveau terrain de la critique littéraire. Elle se voudrait lieu d'échange, de diffusion, de discussion et de production collective des savoirs sur le texte viatique et les approches particulières qu'il ne manque pas de générer.

 Le « genre » viatique, au croisement de la littérature, de l’histoire, de la géographie, de l’ethnologie et des études interculturelles, suscite des approches multiples. Ses fondateurs ont ouvert Viatica, dès son origine en 2014, à des perspectives plurielles, en publiant par exemple des articles portant sur des auteurs comme Claude Lévi-Strauss (Tristes Tropiques relevant à la fois de l’essai ethnographique et du récit de voyage) ou Nicolas Bouvier (L’Usage du monde doit beaucoup à l’histoire culturelle). Pourvu d’une légitimité académique désormais incontestée dans le champ littéraire, le récit de voyage se prête à l’analyse des discours idéologiques dont il est porteur ainsi que des dimensions esthétiques, poétiques et rhétoriques qui le caractérisent : autant de perspectives sur des tendances artistiques, des postures narratives, des topoï...

 La dimension « internationale » du récit de voyage s’applique aux études viatiques elles-mêmes. Viatica accueille des articles rédigés en anglais. De nouvelles approches apparaissent ainsi depuis quelques années. Les études postcoloniales ne peuvent plus être ignorées : à l’époque de l’expansion des empires, nombre de relations s’inscrivent dans le contexte de la colonisation, donc de la diffusion d’idées « civilisatrices ». Les études de genre (gender) ont contribué à renouveler le corpus (meilleure prise en compte des voyageuses) et les approches (construction des rôles sociaux). Cela dit, la revue est ouverte à toutes les tendances critiques et favorise les recherches interdisciplinaires.

 Viatica est conçue selon le schéma suivant :

- Un dossier thématique donne son titre à chacune des livraisons. Il réunit des contributions portant sur un thème sélectionné par le comité de rédaction, en fonction des propositions qui lui sont faites. Il fait l’objet d’une double expertise à l’aveugle, la première portant sur la qualité scientifique des articles, la seconde étant plus axée sur la cohérence éditoriale de l’ensemble.

- Les Varia rassemblent les articles adressés à la responsable de la rubrique avant d’être chacun soumis à une double expertise.

- La rubrique « Art de voyager » interroge les conceptions, les démarches et les pratiques du voyage mais aussi les conseils et méthodes adressés aux voyageurs qui jalonnent l’histoire du genre.

Viatica propose des recensions de livres, écrits en français ou en langues étrangères, qui enrichissent notablement les approches du genre.

- Sont enfin publiées dans la rubrique « Écritures de voyage » des extraits de productions contemporaines d’écrivains voyageurs.

- Des numéros spéciaux s’intercalent dans la programmation. Ils sont consacrés à l’étude d’un auteur ou tentent de cerner une problématique large qui ne pourrait être abordée dans le cadre restreint d’un dossier.